Titanic


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  RechercherRechercher  PortailPortail  MembresMembres  Site perso sur Jack PhillipsSite perso sur Jack Phillips  ConnexionConnexion  Page FacebookPage Facebook  AFTAFT  NPSNPS  
Partagez | 
 

 Crédibilité historique...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage
Joris

avatar

Masculin
Age : 25
Messages : 10125
Inscrit le : 23/02/2007
Localisation : Moselle (57)

MessageSujet: Re: Crédibilité historique...    Ven 21 Mar 2014 - 18:01

Merci beaucoup Corentin et bravo pour ce travail de traduction  app

L'auteur a vraiment tout remarqué, y compris des petits détails qui nous avaient en effet échappés jusqu'alors.

Bonne continuation pour la suite !  pou 

Joris

_________________
Le Titanic coulait il y a cent cinq ans le 15 avril 1912. Une catastrophe maritime que rien
ne laissait prévoir et qui coûta la vie à plus de 1500 personnes.
Une pensée pour toutes les victimes de cet événement tragique qui a eu lieu il y a un siècle
et n'oublions jamais... coeur



Dernière édition par Joris le Ven 21 Mar 2014 - 20:28, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://walygator-all-.wifeo.com/index.php
yarra

avatar

Masculin
Messages : 664
Inscrit le : 26/05/2012
Localisation : Bretagne

MessageSujet: Re: Crédibilité historique...    Ven 21 Mar 2014 - 18:35

Excellent travail , Corentin , mais je ne suis pas d'accord sur certains points .
- Les fentes sur les foyers , sont des regards , pour voir l' état du foyer , les chaudières sont alimentées par les portes inférieurs bien plus larges .
- Le pavillon national à l’arrière et levé tous les jours à quai ( 8 h) et descendu tout les soirs ( 20 h ) . A l'appareillage , de jour , le pavillon ne sera descendu qu'au moment ou les cotes disparaissent à vue , ou dès que le navire fait route libre ( pleine mer) . Et ne sera remonté qu'à l'approche d'une cote ( à vue ) . En mer pas de pavillon à l'arrière . Et surtout pas en berne ( mi mat ) et placé ainsi, pour une disparition .
- L'hélice centrale devait tourner , puisque la turbine , était alimenté avec une légère ouverture de l'admission de vapeur , pour la maintenir chaude . Imaginez les dégâts , que provoquerait , l'admission de vapeur sur les ailettes de la turbine si cette dernière était froide .
- Je n'aurais pas utilisé le mot "ségrégation " entre les trois classes , mais une simple séparation , du au différents prix des billets .

Bon je vais continuer à lire , car vraiment très intéressant .

Revenir en haut Aller en bas
Colargol

avatar

Masculin
Age : 22
Messages : 847
Inscrit le : 18/10/2012
Localisation : Sur le quai de la gare :P

MessageSujet: Re: Crédibilité historique...    Ven 21 Mar 2014 - 22:43

Merci à vous. A cet instant je n'ai toujours pas de réponse de M. Lee. Si Lundi je n'ai toujours rien, je me remettrai quand même au travail, pour le plaisir...

@Yarra: Pour ce qui est des chaudières je ne suis pas en mesure de dire ce qui est juste ou faux. La question mérite donc d'être approfondie.

Pour ce qui est du drapeau, ce que tu as dit est en fait ce que je pense que M. Lee voulait dire, je n'ai juste pas trouvé les mots exactes pour restranscrire cela lors de ma traduction. Et je ne sais pas pourquoi j'ai employé le mot "berne", vu que c'était en effet totalement inapproprié...

J'ai beau avoir des cours de traduction, c'est un exercice qui reste très difficile et exigeant...

Pour l'hélice, là encore ce n'est pas mon domaine de prédilection, donc plus ample débat sur la question...

Enfin pour ce qui est de ségrégation, on peut argumenter, certains le verront différemment. Dans tous les cas ça reste alors un problème de langage et de vocabulaire. L'auteur utilise en effet le mot "segregation", qui signifie à la fois "ségrégation" et "isolement". Donc chacune des traductions PEUT être employée, à chacun de défendre celle qu'il préfère.
Revenir en haut Aller en bas
yarra

avatar

Masculin
Messages : 664
Inscrit le : 26/05/2012
Localisation : Bretagne

MessageSujet: Re: Crédibilité historique...    Sam 22 Mar 2014 - 10:43

@ Corentin , J'ai regardé le Larousse pour " ségrégation "
" Action de mettre à part quelqu'un, un groupe : L'argent opère souvent une ségrégation sociale. " Tu as donc raison , ce mot est justifié dans ce cas . Bien qu'a notre époque , il est surtout utilisé dans un contexte racial . C'est pourquoi , je trouvais ce mot trop dur . Tu me diras qu'à l'époque , aux U E la ségrégation raciale était en vigueur , mais le " Titanic était un navire Anglais , donc je préfère le mot " isolé " , moins dur .

Revenir en haut Aller en bas
Colargol

avatar

Masculin
Age : 22
Messages : 847
Inscrit le : 18/10/2012
Localisation : Sur le quai de la gare :P

MessageSujet: Re: Crédibilité historique...    Mar 25 Mar 2014 - 2:38

En effet, isolement est moins dur de notre point de vue, je te remercie de l'avoir relevé, je prendrai ce sens pour la traduction dorénavant.
Toujours aucun retour, je continue donc comme je l'avais dit (j'aime bien finir les choses que j'ai commencées).

Donc... Le reste étant encore trop long, je me permet de le séparer en 2 autres parties...

PARTIE 2: Collision, début du naufrage, suicide de Murdoch



"Échapper à Lovejoy"
Dans leur tentative d'échapper à Lovejoy qui les poursuit, "Jack et Rose" trouvent refuge dans une petite pièce qui mène aux salles des chaudières. Cependant, une pièce comme celle-là n'a jamais existé sur le véritable Titanic. Les échelles de secours menaient directement au "couloir de travail" sur le côté bâbord du navire, comme vous pouvez le voir entouré de rouge sur le plan du pont E ci-dessous.

"Plan du Pont E"



"Sortir de la salle des chaudières"
Une erreur souvent reportée, il est vrai qu'il n'y avait aucun moyen pour l'équipage d'accéder aux cales avant depuis la salle des chaudières. Cependant, une erreur peut remarquée est que le pont sur lequel était stocké la voiture (qui aurait été enfermée dans une caisse d'ailleurs) était situé un pont au-dessus du (Note perso: "tank top". Je n'arrive pas à trouver de traduction. Est-ce que ça pourrait vouloir dire "faux-pont"?), où les sorties de la salle des chaudières étaient situées! De plus, juste avant que "Jack et Rose" ne trouvent la voiture, on peut apercevoir un escalier au loin. Il n'y avait aucun escalier qui menait aux cales, seulement des échelles

"Plan"



"Vers son destin"
Un plan fantastique, montrant le navire fendant une mer lisse comme de l'huile. Sauf que le Titanic n'avait pas de deuxième lampe de mât, alors qu'on peut en voir une ici sur le mât arrière.
(Note perso: je vois aussi des commentaires récurrents comme quoi le navire est bien trop éclairé. D'abord certes, là encore on peut voir toutes les cabines allumées, ce qui n'était très certainement pas le cas, ensuite le navire aurait beau être illuminé, il aurait sûrement dégagé moins de lumière. Mais bon, il fallait faire du grand spectacle^^)



"Calme sur les flots"
Dans ce plan, le quartier-maître à la barre est dans la timonerie, juste derrière l'abri de passerelle. En réalité, les volets devant le quartier-maître auraient été fermés et la passerelle ne serait pas visible. Cela permettant d'empêcher les lumières de la timonerie de détruire la vision de nuit des "Officiers de veille".

Le plan suivant montre le commandant Smith et le Deuxième officier Lightoller discutant la météo. Cependant, la fin de cette scène oublie les dernières instructions de Smith à son subordonné, lui intimant de le faire appeler immédiatement si la situation se dégradait.



"Je peux sentir la glace"
Il manque au nid-de-pie une bâche de protection contre le mauvais temps à l'arrière (celle-ci était probablement faite de toile et était amovible); l'une des vigies (George Hogg) en a fait mention lors de l'enquête du Sénat américain.

Bizarrement, ni les vigies ni Murdoch ne semblent affectés par ce qui serait un vent glacial...

...et si l'interview réalisée par Leslie Reade de Frédérick Fleet est d'une quelconque utilité, elle nous indique que Fleet a imploré Reginald Lee de descendre du nid-de-pie après qu'ils aient vu l'iceberg, mais Lee était remonté à temps pour la collision.

Enfin, les 2 vigies sont dans la mauvaise position. Fred Fleet, l'homme qui a prévenu a passerelle, devrait être sur le côté bâbord du nid-de-pie.



"Les jumelles disparues"
Il y a toujours un gros débat à ce jour pour savoir si des jumelles auraient aidé les vigies à repérer l'iceberg à temps. Dans cette scène, on nous dit que les jumelles destinées aux yeux du navire dans le nid-de-pie n'ont pas été vues depuis Southampton. On ne nous dit pas que les officiers de la passerelle avaient eux des jumelles, et qu'ils ont été vus les utiliser. Et par aucun autre que Fred Fleet, celui qui a vu l'iceberg. On ne voit jamais Murdoch ou Lightoller porter ou utiliser des jumelles dans le film...



"Batifoler sur pont"
Un des aspects les plus bizarres du Titanic comme vu dans la version de James Cameron est sa notion d'un navire allumé d'un bout à l'autre... C'est très loin de la réalité. Par exemple, le Titanic pouvait transporter jusqu'à 739 passagers de Première classe, mais pour son seul voyage, il n'en transportait que 325. Son voyage inaugural n'a pas attiré les masses... Et pourtant, si l'on en croit le navire dans le film, quasiment toutes les cabines semblent occupées, et allumées à tout moment.

Reconnaissons-le, la répartition des cabines, basée sur une liste trouvée sur le corps du steward Herbert Cave, est incomplète, mais elle nous donne une bonne indication de l'occupation de certaines zones du navire. Sous la passerelle, dans le screen ci-dessous, on trouve le pont A. Pour autant que nous sachions, aucune de ces cabines n'était occupé (bien que les fenêtres aient été ouvertes durant le trajet entre Southampton et Cherbourg comme mis en évidence par une photo prise par le Père Francis Brown.
Sur ce même screen, les cabines dont nous savons ou suspectons qu'elles étaient occupées sont entourées en rouge.

(Note perso: ben en même temps fallait bien éclairer la scène me direz-vous... Mais c'est vrai que la lumière qui vient de partout c'est pas terrible...)



"Iceberg droit devant monsieur!"
L'iceberg est bien trop près du Titanic. La première fois que nous le voyons, l'iceberg semble être environ aussi haut que le nid-de-pie; en réalité, l'iceberg était juste un peu plus haut que le pont principal (situé à environ 18 mètres de hauteur) comparé à la hauteur d'environ 27 mètres du nid-de-pie. La scène aurait aussi dû être plus noire, avec seulement la lumière des étoiles se reflétant sur l'eau, peut-être éclipsée et masquée par l'ombre ou la masse de l'iceberg, et l'impression subtile de "...quelque chose" qui approche. Mais bon, je reconnais que cela aurait été moins spectaculaire cinématiquement parlant.

L'illusion de la proximité du navire à l'iceberg est aussi composée dans le prochain screen. Murdoch ordonne un "à tribord toute" et ensuite ordonne "machine en arrière toute". (Note perso: ce qui est d'ailleurs encore une erreur, nous le savons tous). Seulement quelques secondes ont passé, durant lesquelles le Titanic a avancé à la vitesse de 22,5 noeuds, soit 11,6 mètres par seconde. Nous ne sommes pas sûrs de la distance à laquelle se trouvait le Titanic de l'iceberg quand ce dernier a été repéré, but les estimations le placent à environ 458 mètres (le Titanic faisait 268 mètres de long). Si l'on en croit la version de James Cameron, l'iceberg était déjà pratiquement sur le Bateau de Rêve... Les distances et la vitesse concernées auraient certainement entravé toute tentative de faire virer et d'arrêter le navire. Il semble que le paquebot aurait heurté l'iceberg de front!

"Vire!"



"Réponds!"
Dans la décor de la timonerie, il manque une porte pour la salle des cartes. Elle devrait être placée entre l'endroit par où rentre dans la timonerie le Sixième officier Moody et la position du téléphone du nid-de-pie. A la droite du téléphone se trouve une porte par laquelle le capitaine Smith entre dans la timonerie immédiatement après la collision. En fait, cette pièce serait celle où le pilote serait basé pendant le temps où il serait à bord.



"Toutes les portes sont fermées"
Ce panneau d'indication pour vérifier que les portes étanches sont bien fermées n'a jamais existé sur le vrai Titanic. Bizarrement, le film dépeint un large intervalle de temps entre le moment où le navire entame la manœuvre d'évitement sur les ordres de Murdoch et le moment où les portes étanches sont fermées. En réalité, l'intervalle n'aurait été que de quelques secondes.

La location exacte des commandes pour les portes étanches est inconnue, mais on sait qu'elles étaient situées sur la passerelle, et non dans la timonerie.

Vis-à-vis de l'avertissement de glace par téléphone, il n'y a aucune preuve d'un délai entre le moment où le téléphone a sonné et celui où il a été décroché. Dans tous les cas, le Sixième officier Moody ne se serait pas éclipsé pour aller se faire une tasse de thé.

Le panneau de contrôle des portes étanches portait l'avertissement suivant: "En cas d'urgence, pour fermer les portes étanches sur le (Note perso: "tank top". Je n'arrive pas à trouver de traduction. Est-ce que ça pourrait vouloir dire "faux-pont"?), faites sonner la cloche; appuyez pendant 10 secondes pour donner l'alarme, puis placez le levier sur la position d'activation et maintenez-le sur cette position. Note: Les portes ne peuvent pas être manœuvrées mécaniquement pendant que le levier est activé."
Dans le film, il n'y a pas d'intervalle distinct entre le moment où Murdoch fait sonner la cloche et celui où il active les portes.

De plus: Murdoch est dehors sur la passerelle, sur la plateforme tribord, lorsqu'il hurle "A bâbord toute!". Une version différente de celle donnée par le Quartier-maître Alfred Olliver, qui dit qu'il est entré sur la passerelle, et a vu l'officier (Murdoch) au levier de commande des portes, et a ensuite entendu "A bâbord toute" après qu'il soit arrivé là. Ce n'est pas l'emplacement du Murdoch du film.

Si vous regardez à l'arrière-plan, vous pouvez voir Moody dans l'encadrement de la porte de la passerelle. Placé ici, il verrait obligatoirement l'iceberg passer sur le flanc tribord! Et pourtant, le Troisième officier Pitman a témoigné que Moody lui avait dit qu'il n'avait pas vu l'iceberg, mais lui a indiqué les morceaux de glace sur la dunette avant.



"Qu'est-ce que c'était que ça, nom de Dieu...?"
La maîtresse de Benjamin Guggenheim était Madame Aubart, et pas Aubert comme le dit Rose à Jack dans la Salle à manger.

De plus, selon le récit du steward Henry Etches dans le New York Times du 20 Avril 1912, il est allé à la cabine de Guggenheim et à celle de son valet (Victor Giglio) et les a réveillés. Il était aux environs de minuit. En outre, le chercheur Günter Bäbler nous informe qu'Emma Sägesser, la femme de chambre de Madame Aubart, a dit que son employeuse était dans son lit en train de lire quand la collision a eu lieu, et que quelques minutes plus tard elles sont allées à la cabine de Guggenheim, où lui et son valet dormaient. Etches ajoute que lorsqu'il a toqué à sa porte, Guggenheim "venait seulement de retourner à sa chambre", car il a ouvert tout de suite, mais ensuite Etches rapporte qu'il a demandé à enfiler quelques vêtements et qu'il serait de retour dans quelques minutes.

L'éclairage est à nouveau complètement faux; les lampes sur les ponts ouverts et les escaliers auraient été éteintes pour 23h, et seulement des lampes à huile rouges étaient suspendues à certains endroits (comme par exemple au pied de l'escalier) pour faciliter la navigation à travers le navire de nuit. Ces lampes là brûleraient jusqu'au lever du soleil.



"De la glace sur la dunette"
Bien plus de glace a été déposée sur le navire que ce que l'on voit dans le film. Accidentellement, un écrivain mal-informé d'IMDb a dit que de la glace n'aurait pas atterri sur le vrai Titanic. Mais des récits de témoins oculaires contredisent ceci.

Le reste de cette scène est des foutaises aussi: en réalité, le navire était presque arrêté quand le capitaine a utilisé lui-même le télégraphe pour ordonner "En avant demi-vitesse". Il se dirige ensuite vers la passerelle d'extrémité avec Murdoch et le Quatrième officier Boxhall. Boxhall, de son propre gré, descend en-dessous pour évaluer les dommages lui-même. Le Capitaine dit au Quartier-maître Olliver d'aller trouver le charpentier et lui faire jeter un œil au navire.

Dans la version de Cameron, le capitaine ordonne "Arrêtez tout" et un autre officier de passerelle part vers la passerelle pour effectuer la manœuvre - on présume qu'il s'agit de Moody. Une seconde ou deux plus tard, nous entendons le télégraphe sonner. Smith et Murdoch se dirigent vers l'aileron de passerelle, et après avoir vu la glace sur la dunette, Smith ordonne à son Premier officier d'aller chercher le charpentier; Murdoch confirme et s'en va. (Tant qu'on y est, jetez un coup d'oeil au canot N°1, déhalé juste derrière Smith alors qu'il regarde en bas le long de la coque; ce canot est couvert par une toile. Les vrais canots 1 et 2, déhalés à tout instant en cas d'urgence (pour secourir qui gens qui seraient passés par-dessus bord) n'étaient jamais couverts; de façon évidente ils auraient eu à être déployés aussi vite que possible, et de devoir retirer les tauds serait prohibitif.)

Le pauvre Joseph Boxhall. Complètement oublié! En fait, selon le livre du script, il n'y a aucune mention de Boxhall où que ce soit. La seule fois où je peux établir que son personnage s'est vu donné du texte est lorsqu'il dit "Ramez plus vite!" alors que son canot dégage de l'arrière du navire qui monte haut dans les airs. Et même cette ligne n'apparaît pas dans le script du film!

Et même cette recréation de Boxhall est incorrecte. Lorsque Boxhall implore son équipage de ramer plus vite, la poupe du Titanic s'élève et domine au-dessus des têtes. Nous sommes à quelques minutes de sa disparition sous les flots. Lors des enquêtes, 2 personnes ont estimé la distance par rapport au Titanic, et la plus courte était d'approximativement 1 km. A cette distance, le Titanic n'aurait plus été qu'un petit point à l'horizon.
(Ils auraient vu ceci: )



Une petite partie de foot?
Bien que ce soit une partie standard de l'histoire du Titanic que les passagers de Troisième classe ont joué au foot avec les morceaux de glace vus sur le pont, une seule personne ,le Dr. Washington Dodge, a rapporté cet incident, et tout ce qu'il dit est que les passagers de l'entrepont marchaient sur la glace et donnaient des coups de pied dans les blocs sur le pont.



"La salle des chaudières n°6 prend l'eau"
Le chef de chauffe Fred Barett a témoigné lors des enquêtes que l'eau s'engouffrait dans la soute à environ 60 centimètres au dessus du sol. Il est dur de déterminer d'où l'eau surgit dans la version de James Cameron, mais un des point se situe au-dessus de la hauteur de la tête! Étrangement, si vous regardez le DVD et que vous mettez en pause à cet endroit, vous pouvez voir que la salle des chaudières a déjà de l'eau dedans!



"De justesse"
Le film montre le chef de chauffe Barett en train d'aider les autres au milieu de la porte étanche se fermant. Mais il a témoigné que seuls lui et un ingénieur du nom de Hesketh ont sauté à travers la porte avant qu'elle ne se referme. Les portes prenaient entre 25 et 30 secondes pour se fermer, et les derniers 45-60 cm, étaient laissé tomber par gravité, comme une guillotine. N'importe qui passant en-dessous aurait certainement été blessé! Et à part de l'eau passant à travers un trou dans la soute à charbon de la salle des chaudières n°5, dans laquelle il est entré ensuite, cette dernière était sèche. Si on regarde le film de Cameron, elle aurait été trempée.

Et pour s'échapper de la salle des chaudières n°6 vers la n°5 via la porte étanche, vous auriez dû passer par un petit passage flanqué de part et d'autre par une soute à charbon. Dans le film, la porte étanche mène tout droit d'un compartiment à l'autre!
Le film montre tous les chauffeurs bondir pour la porte étanche, peu importe si leur salle des chaudières prenait l'eau ou non. Ce ne fut pas le cas, la plupart des soutiers sont resté à leur poste à attendre. Et les échelles de secours étaient penchées entre les chaudières selon Barett, et ne montaient pas verticalement.

(Note perso: dans cette même scène, si vous regardez attentivement la porte étanche qui se ferme dans la salle N°6, vous pouvez voir de l'eau dégouliner dessus. Sans doute les marques de la prise précédente! rire

"Tout le monde dehors!"



"Un calme trompeur"
Un tout petit point: le fond de la petite zone contenant les lumières d'ailerons rouge et verte devraient être de la même couleur que leur lampe respective (rouge à bâbord et vert à tribord).
(Et une autre petite note perso, je hurle à chaque fois que je vois cette scène, avec seulement 2 rangées de hublots hors de l'eau... Un Titanic bien court sur pattes, avec des personnages numériques en plus, ça fait très "cheap"! rire )



"Vous désirez quelque chose?"
Un steward demande à la Comtesse de Rothes si elle a besoin de quelque chose, tandis que Thomas Andrews passe en trombe à côté en direction de la passerelle. Il a dû faire un sacré détour. Sa cabine se trouvait sur le pont A, et pour aller sur la passerelle il n'aurait pas eu à passer d'autres cabines de passagers; traverser un couloir, marcher à travers le Lounge de Première classe et traverser un autre couloir et il serait arrivé dans le foyer du Grand Escalier avant, qu'il aurait monté. La cabine de la comtesse se situait sur le pont B, donc Andrews aurait eu à descendre d'un pont avant de reprendre son itinéraire vers la passerelle.

On pense que les décors ont été basés sur ceux du Mauretania; comme chacun peut le voir sur une photo réelle du pont E de l'Olympic, il n'y avait pas de tapis (juste du carrelage), pas de main courante et pas de lampes fixées au mur.

"Un véritable couloir de première classe"



"Inspection"
Si les souvenirs des stewards James Johnson et Annie Robinson sont une source d'information fiable, le Commandant Smith, Thomas Andrews et/ou le Commissaire Principal McElroy ont utilisé les escaliers intérieurs (probablement le Grand Escalier avant) pour visiter la zone affectée du navire près de la salle du courrier.



"Ça fait 5 compartiments!"
Après avoir inspecté les dégâts, Thomas Andrews arrive à la passerelle et relaye la nouvelle choquante aux officiers de passerelle: le Titanic va couler. Sauf que ça n'est jamais arrivé. Nous ne savons pas ce qui s'est dit entre le Capitaine Smith, Andrews, le Second Wilde, le Premier officier Murdoch ou le Sixième officier Moody, tous sont décédés. On peut supposer que les autres officiers en arrière-plan sont des ingénieurs/mécaniciens; de même à la barre se trouve Hichens, qui n'a pas fait mention d'une quelconque réunion entre Smith, Andrews, Ismay et compagnie aux enquêtes. La salle dans laquelle cette réunion a lieu est aussi une étrangeté; il s'agit visiblement de la salle de navigation sur le côté tribord de la passerelle, mais elle devrait être plus rectangle, et il manque un canapé. Il y a aussi une porte en trop qui va dans une pièce qui n'existait pas à cet emplacement sur le vrai navire; et c'est par ce couloir que Smith est entré sur la passerelle après la collision. La porte du petit salon du Commandant est aussi manquante.

Gardez en mémoire que lorsque le Titanic a été construit, n'importe qui pouvait jeter un œil sur les plans du navire. De ce fait, on se demande à quoi rime cette étrange disposition.

Bizarrement, pour quelqu'un d'extrêmement familier avec le navire, Thomas Andrews fait une erreur bizarre: l'iceberg avait ouvert une brèche dans 6 compartiments, pas 5. Et de plus, avant le désastre, Harland & Wolff avaient calculé que que le Titanic pourrait rester à flot avec 3 des 4 premiers compartiments inondés, et c'est ceci qui aurait été su lors du 14 Avril 1912. Ce n'est que plus tard qu'Edward Wilding, l'architecte marin pour H&W, et son équipe ont réalisé de nouveaux calculs qui ont montré les 4 premiers compartiments auraient pu être inondés et que le navire n'aurait pas sombré.



"CQD? Le signal de détresse? Nom de Dieu!"
Le Commandant Smith visite ensuite le poste TSF et demande à ses opérateurs d'envoyer une demande d'assistance. Il leur donne les coordonnées du navire: 41°44'N, 50°14'W. Sauf qu'il n'a pas fait ça. Lorsqu'il a rendu visite à la TSF, il leur a donné la position 41°44'N, 50°'24W; la fameuse (et incorrecte) position a été donnée quelques minutes plus tard aux opérateurs Phillips et Bride par le Quatrième officier Boxhall.
Et encore un petit avertissement aux lecteurs: un correspondant IMDb insiste qu'aucun "CQD" n'a jamais été envoyé par le Titanic. Bien sûr que si. "SOS" a aussi été utilisé plus tard.



"Évacuer la vapeur"
Les passagers sont retournés à l'intérieur selon le Second Wilde parce que "il faisait trop froid et que c'était trop bruyant pour eux". Les cheminées commencent à laisser échapper la vapeur assez rapidement après la collision, et le film omet sa version du moment où ça a commencé. Cependant, ce qui est inexact est surtout combien les cheminées étaient bruyantes.
Le colonel Gracie sur le pont C pouvait les entendre, tout comme Martha Stone et Gladys Cherry sur le pont B, et Mary Lines sur le pont D. Et pourtant, à l'intérieur du vaisseau, on n'entend même pas un sifflement. (Le bruit a aussi empêché Jack Phillips d'entendre les transmissions d'autres navire, et la cabine Marconi était située juste en dessous d'une cheminée!). Beesley a dit que le bruit de la vapeur était aussi assourdissant que que 20 locomotives. Tout ce que l'on entend dans ce film c'est le rugissement discordant de la vapeur.

(Pour être juste, Mme Warren a dit qu'elle n'a pas entendu le "rugissement assourdissant de la vapeur s'échappant, duquel elle n'a pas été consciente tant qu'elle était à l'intérieur." Mais elle fait partie d'une minorité!)

Et les passagers sont-ils vraiment rentrés parce qu'il faisait trop froid? C'est une théorie qui s'est propagée durant la deuxième moitié des années 90 et le début du 21è siècle, et bien que ce soit logique, il suffit de lire les récites des survivants eux-même: ils sont pour la plupart tous montés sur le pont dès que leur gilet de sauvetage a été enfilé. Et en effet, certains passagers n'ont pas été très impressionnés par les pauvres efforts des marins pour préparer les canots!



"Le Lounge"
Notez que l'on peut voir l'orchestre jouer, avec un accompagnement au piano. Il n'y a aucune preuve qu'il y avait un piano dans le lounge.



"Attendre comme des pingouins"
Les gilets de sauvetage dans le film possèdent le mauvais nombre de blocs de liège. En réalité, chaque côté avait 6 blocs, mais dans le film il y en a 12. La taille et la forme des blocs de liège sont fausses aussi.

"Un vrai gilet de sauvetage du Titanic"



"Quatre heures!"
Harold Bride informe le Commandant que le Carpathia est à 4 heures de route et navigue à 17 noeuds, et qu'il est "le seul qui soit proche". Premièrement, le Carpathia ne saurait pas à quelle vitesse ils avanceraient; et si ils avaient su, le mythe des 17 noeuds aurait été exposé comme une fable dune impossibilité mécanique qui devrait être démentie.; et deuxièmement, le Mount Temple était en fait plus proche. Le Commandant Rostron du Carpathia a témoigné plus tard qu'il a dit aux opérateurs radio du Titanic que sa vitesse était inférieure à 17 noeuds (15 ou 16 si je me souviens bien). De plus, dans son rapport pour la compagnie Marconi, Bride dit qu'il a relayé le rapport du Carpathia au Commandant, qui supervisait le remplissage et la descente des canots. Dans cette scène, les canots ont à peine été descendus au niveau du pont des embarcations, et Smith passe la plupart de son temps sur le côté bâbord du Titanic, pas le tribord. Tandis qu'il est vrai que Bride a dit que Smith était à tribord, personne d'autre n'a mentionné qu'il se trouvait à cet endroit, aidant à remplir les canots. Bride a aussi dit que Smith était retourné avec lui à la salle de radio. Dans le film, Smith reste seul pour surveiller le pont agité, murmurant "Mon Dieu".



"Les femmes et les enfants d'abord. Oui."
On peut voir le Deuxième officier Lightoller portant un gros pardessus pendant le remplissage des canots, et même lorsqu'il lutte pour monter sur le radeau pliable B. Cependant, dans son autobiographie, Lightoller dit qu'avant de lancer ses 2 derniers canots, il portait "un sweater, pas de manteau ou de pardessus.... Je m'étais débarrassé depuis longtemps de mon grand manteau" et il remarque qu'il portait son pantalon et son sweater par-dessus son pyjama. Un article qu'il a écrit pour le Christian Science Journal en Octobre 1912 affirme qu'il portait aussi un gilet de sauvetage, tout comme Wilde.



"L'évacuation commence"
On peut voir le canot n°7 presque en train de vider ses passager dans la mer, mais aucun de ses passagers ni de ses membres d'équipage qui a témoigné ne s'est rappelé d'un tel évènement. Le canot n°5, celui immédiatement devant le n°7, a eu quelques soucis; comme l'a dit le passager de Première classe George Harder, l'équipage a "descendu un côté plus vite que l'autre".



"Le gaillard d'avant sombre sous les flots..."

"...suivi peu après par la dunette avant."
A la fois le gaillard d'avant et la dunette avant sombrent sous l'eau bien trop tôt. Sur le vrai Titanic, ils n'auraient pas été submergés avant que les tout derniers canots ne soient lancés, mais dans le Titanic de Cameron, ils sombrent tous les deux peu après que les premiers canots aient été lancés.

Soit dit en passant, sur le véritable Titanic, il y avait un panneau sur les brise-lames, indiquant aux passagers qu'ils n'étaient pas admis plus loin. Celui de tribord est entouré ci-dessous dans une photographie prise par Francis Browne à Southampton. Ces panneaux ont été délibérément occultés de la version de 1997. Avec ces panneaux en place, il n'y avait aucun moyen pour pouvoir tourner les scènes de "Je suis le Roi du Monde!" et "Je vole!"....

La lucarne de l'espace d'équipage (sur le bon côté du navire cette fois) a changé de taille et de place par rapport au plan du "survol".

"Une catastrophe évitée de peu"


"Incarcéré"
Jack Dawson est enfermé dans le bureau du "Maître d'armes"; sauf que sur le Titanic, c'était une cabine intérieure sans hublot.



"Les sièges de première classe sont juste ici"
"Molly" Brown est dépeinte comme étant l'une des première dans le canot n°6. Mais ceci contredit sa propre déposition, résumée dans le livre d'Archibald Gracie de la façon suivante, "Mme Brown s'éloignait du canot, impatiente de voir ce qu'il y avait à faire ailleurs. Tout à coup, elle vit une ombre et quelques secondes plus tard quelqu'un la saisit, disant: "Vous partez aussi", et elle fut jetée sans ménagement dans le canot en pleine descente plus d'un mètre plus bas." Loin d'être une des premières, "Molly" fut l'une des dernières!



"Chargez ces canots"
Thomas Andrews reproche à Lightoller de ne pas remplir ses canots à pleine capacité. Tandis que Lightoller déclare qu'il n'était pas sûr que les bossoirs et les canots pourraient supporter le poids des passagers, cette réunion avec Andrews est pure fiction. Si il avait informé le Deuxième officier de ce problème de remplissage, cela rendrait Lightoller encore plus "sans coeur" de continuer alors à remplir les canots avec "seulement des femmes et des enfants" en laissant des places vides.

De plus, Andrews était en train d'aider à remplir les canots sur le côté tribord avant du pont des embarcations, et ces canots là partirent à moitié vide. Pourquoi Andrews n'a t-il pas insisté pour que plus de personnes montent à bord de ces canots, plutôt que d'attendre un peu et de se disputer avec Lightoller?

Le commentaire d'Andrews que les canots ont été testés à Belfast avec le poids de 70 hommes est un mystère, et semble provenir d'une déclaration impromptue du chercheur Brian Ticehurst dans le documentaire sur le Titanic de Arts Entertainment au début des années 90. Personne ne peut vérifier ceci. Ce que nous savons, c'est que le test a été effectué avec 66 personnes, et que les canots ont fait leur travail correctement. Il semble que Cameron n'a pas fait son travail de recherche en se basant sur de la vraie documentation, mais en regardant des vieux shows télévisés.



"Descendre tout en bas..."
Les indications de Thomas Andrews pour aller au bureau du Maître d'armes n'ont aucune relation au pont E sur le vrai Titanic. Il dit: "Descendez tout en bas, prenez à gauche, via le "couloir de l'équipage", prenez à droite et ensuite encore à gauche à l'escalier, vous parviendrez à un long couloir..." et ensuite on nous épargne les interminables indications de direction.

Heureusement, sur le vrai Titanic, c'était bien plus simple. Regardez simplement le plan suivant, où j'ai indiqué les ascenseurs et le bureau du Maître d'armes:


En sortant de ces ascenseurs, il n'y avait aucune coursive à gauche dénommée "passage de l'équipage". Vous devriez aller à droite et faire le tour des ascenseurs, dépasser la base du Grand Escalier, passer par la porte d'urgence (ouverte), tourner à droite, tout droit dans le couloir et tourner à droite au bout. La seule autre façon d'y accéder, en descendant du couloir de Première classe à tribord serait bloquée au bout par une porte qui a été fermée assez tôt après la collision.
Toute la géographie du pont E est une pagaille complète. Après s'être échappés du bureau, "Jack et Rose" enfoncent une porte ouverte... pour se retrouver à nouveau quelque part sur le pont E, mais cette fois-ci sans aucune trace de l'eau! Ils dépassent une famille étrangère, en train de tourner les pages d'un dictionnaire désespérément pour traduire un panneau (et à mon grand dégoût, la scène de cette famille désespérée d'échapper au naufrage mais bloquée par la barrière du langage, provoque le rire au cinéma).
Un autre commentateur a noté la confusion sur la géographie du navire: "Rose et Jack reculent jusqu'après la 3è cheminée pendant que sur le pont D (la salle à manger des Premières entre les cheminées 2 et 3) l'eau monte. Ils descendent jusqu'au pont E, qui est inondé et ensuite ils remontent au pont D jusqu'à la grille fermée, s'échappent ensuite sur le pont C juste au moment où le pont D est complètement envahi par l'eau. La salle à manger de Première classe s'étendait à travers la largeur entière du paquebot, donc le pont D était complètement sous l'eau jusqu'à la 3è cheminée au moment où ils se retrouvent sous les ponts. En réalité, si le navire était immergé autant, seule la poupe dépasserait de l'eau. La "rupture" ne montre même pas l'eau être si haute et si loin en arrière dans le bateau".

Le film lui-même ne semble pas s'accorder sur la location de la prison temporaire de Jack. La caméra fait une vue panoramique après le lancement de la première fusée de détresse pour montrer l'avancée du naufrage. Dans la scène qui suit tout de suite après, la caméra descend le long de la coque pour montrer Jack observer à travers le hublot.

Oh, et pour l'anecdote, la famille étrangère est encore un détail historique foireux: la seule personne noire sur le Titanic était Joseph Laroche.

"Quelle est la plus contraignante? La barrière physique ou la barrière du langage?"



"Nous coulons par l'avant"

"La prison de Jack"
La fenêtre du bureau du Maître d'armes se trouve directement sur la ligne de la surface, la plaçant ainsi quelque part près du canot n°1. On est bien avant le canot n°6, et aussi bien devant les ascenseurs que Rose utilise pour descendre au niveau le plus bas pour trouver Jack. MAIS

Juste après que le canot n°6 ait commencé sa descente, nous voyons une corde ayant servi à descendre un canot se balancer. Puisque le canot n°8 - le second à être mis à la mer sur bâbord selon la Commission d'enquête britannique, et que nous voyons à côté du canot de Ruth quand elle appelle sa fille - n'est pas encore à l'eau, ceci doit être la corde du canot n°6... La caméra descend ensuite sous l'eau et nous voyons le hublot de la prison de Jack. L'angle vers le bas (équilibre du navire) du Titanic n'était pas encore très grand à ce moment, et puisque les cordes se balancent verticalement, le hublot de la pièce doit être sous le canot n°6. Ce qui est du coup bien plus loin en arrière que ce que nous avons vu plus tôt.

"Des cordages qui pendouillent"


"... et la caméra panoramique plonge pour nous montrer où se trouve Jack".



"Faites moi descendre!"
Comme on peut le voir ci-dessous, les ascenseurs ne l'Olympic ne ressemblent en rien à ceux sur le décor de Cameron, qui incluent des panneaux de boiseries moins ornés et un miroir. Les excellents plans de Bill Sauder affirment que les ascenseurs du Titanic avaient en fait un banc qui s'étendait sur toute la longueur de la cabine, avec le mécanisme de contrôle se trouvant sur le même mur que celui des portes d'entrée (sur la gauche en entrant); il a aussi des miroirs bien plus petits de chaque côté de la cabine, et dont les dimensions seraient de 1,6 mètres en largeur et 1,5 mètres en longueur, ce qui semble une taille différente de ceux dans le film de Cameron. Nous ne savons pas combien de ces caractéristiques de Sauder étaient connues avant le film de Cameron; la photo de l'ascenseur de l'Olympic l'était en tous cas.
Et soit dit en passant, la cabine d'ascenseur ne pouvait pas démarrer avant que la grille intérieure ne soit fermée, ce qui n'est pas le cas lorsque Rose ordonne au liftier de la descendre au pont E.

"Un ascenseur de l'Olympic"



"Quelque chose qu'on ne voit pas tous les jours"
Quand le canot n°4 a quitté le Titanic, l'eau montait jusqu'au pont C. Il était approximativement 1h55. Dans le Titanic de Cameron, le pont C était déjà sous l'eau à la position du canot n°4 à 1h, ce qui est l'heure correspondant à ce screen. Pour l'anecdote, la plupart des survivants ont décrit une mer alme comme un lac, sans une seule vaguelette à la surface, contrairement à ce que montre le film.

Les canots 6 et 8, ont aussi commencé à ramer vers la lumière du "bâteau fantôme" au large de la proue à bâbord (et auraient donc ramé presque parallèlement au flanc du navire, et pas obliquement comme on peut le voir ici.)

"Comme sur un lac"



"Derrière les barreaux"
Ces grilles de métal s'appellent des barrières Bostwick. Si l'on en croit la version Cameron, il y en avait des douzaines utilisées pour séparer la Troisième classe du reste du navire. En réalité, les plans du bateau révèlent seulement quelques portes ça et là, toutes sur le pont E. La première était sur un escalier à l'avant qui aurait été sous l'eau peu de temps après l'impact. Le second set de portes se trouvait près de la zone de stockage des patates, à l'arrière du pont. Les témoignages des survivants de Troisième classe font sans doute référence aux petites barrières de métal qui menaient des ponts inférieurs aux ponts supérieurs, des petites qui arrivaient au bassin, disséminées sur le navire, ou aux portes d'urgence (desquels au-moins 2 étaient ouvertes cette nuit-là). Il ne semble pas y avoir eu de discrimination de masse contre la Troisième classe, mais il y a des cas de récits de passagers gardés en bas.

Il faut admettre qu'il y a quelques références à des barrières verrouillées dans le Titanic, comme on peut le voir dans le livre Centennial Reappraisal, mais ces récits sont très rares et on peut douter de la véracité de certains; mais dans tous les cas, les zones de troisième classe n'apparaissent certainement pas blindés de barrières. Et avant que les fans de Cameron disent qu'il a bien reproduit ça, cette information sur les barrières verrouillées n'a été découverte qu'il n'y a quelques années. Ce n'était certainement pas un connu en 1995-1997 lorsque le film a été écrit et produit. Alors où est la justification?



"La lutte pour la survie"

"Une mêlée folle"
Il y a de nombreux problèmes avec la façon dont les canots ont été affalés; je vais donner des exemples. Tout d'abord, tandis que les canots 13 et 15 sont descendus, il y a bien trop de monde sur le pont; ensuite, alors que le canot n°15 atteint le pont A, les passagers et l'équipage laissés sur le carreau se battent pour atteindre et sauter dans le canot. Aucun de ces deux évènements n'est arrivé pour autant que l'on sache. C'est dur de le voir, mais chacun des canots 13 et 15 semblent avoir entre 20 et 30 personnes à bord. En fait, ils faisaient partie des canots les plus chargés de la nuit, avec entre 60 et 70 personnes à bord. Ensuite, il y a l'éclairage. Le pont principal mesurait dans les 167 mètres de long, et il n'était quasiment pas éclairé à certains endroits. Si vous vous trouviez aux postes de canots arrières, vous auriez trouvé difficile de voir la proue du navire.
En fait, ce suréclairage est un problème récurrent dans le film complet. [...] Bien que le navire n'ait pas été un donjon sinistre, il n'était pas aussi étincelant qu'on le dépeint souvent.



"Maintenez l'ordre, ou je vous abattrai comme des chiens!"
Le Deuxième officier Lightoller n'a jamais ordonné à Lowe de monter dans le canot n°14, Moody officier junior de Lowe a "suggéré" qu'il monte dans ce canot. C'est probablement Lowe qui a dit qu'il abattrait des passagers "comme des chiens".



"La panique gagne la foule"
Le steward George Crowe a dit ceci à propos des coups de feu tirés dans le canot n°14: "Il y avait des passagers masculins divers, probablement italiens ou de toute autre nationalité autre que britannique ou américaine qui ont tenté de prendre les canots d'assaut. L'officier a menacé d'abattre tout homme qui mettrait un pied dans le canot. Il a ensuite tiré avec son revolver, mais il a tiré soit vers le bas soit vers le haut, sans viser les passagers du tout et sans blesser qui que ce soit. Il a tiré dans une zone parfaitement dégagée, vers le haut ou vers le bas". Le Cinquième officier Lowe a dit "Et donc, alors qu'on arrivait au niveau des ponts, les ponts ouverts, j'ai vu beaucoup d'italiens, des gens de régions latines, tout au long du bastingage - comprenez, c'était ouvert - et ils nous regardaient tous, plus ou moins comme des bêtes féroces, prêts à bondir. C'est pourquoi j'ai dû crier de faire attention, et j'ai laissé partir des coups, bang, tout droit le long du flanc du navire", et il a tiré trois coups horizontalement le long du navire, un coup pour chaque pont qu'il a passé sur lequel il y avait des passagers espionnant impatiemment le canot. Donc ce que le film montre est à peu près correct.
Soit dit en passant, bien que Lowe puisse parler Gallois, il n'avait pas d'accent gallois.

Et puisqu'on est dans les accents, le colonel Archibald Gracie est dépeint dans le film comme britannique. Il était en fait américain.



"Il n'y a plus de canots!"
Quand Jack, Rose et leur petit gang arrivent sur le pont, ils émergent depuis l'entrée des Deuxième classe sur le pont des embarcations. Il manque à cette partie une cloison vers l'avant comme vous pouvez le voir ci-dessous sur une vue similaire de cette entrée, bien qu'elle se situe ici sur tribord et sur l'Olympic.

Entrée des Deuxième classe sur l'Olympic"
C'est à cet endroit que "Jack et Rose" rencontrent Gracie, qui escorte Mme Brown et Mme Evans. Mais Gracie dit qu'il les a trouvées sur la partie avant du pont des embarcations tribord. Que faisait-ilsi loin à l'arrière, et sur le mauvais côté du navire? De plus, Gracie devrait porter un gilet de sauvetage. Il l'a déchiré et l'a jeté à la mer après être monté à bord du canot n°12, et a regretté ensuite de ne pas l'avoir conservé comme relique. Pratiquement tout le monde devrait porter un gilet de sauvetage, à l'exception du Commandant Smith, de l'ajusteur de lampes Hemming, du chef de chauffe Fred Barett et de quelques autres.

Les foules, comme tellement d'autres dans les films de James Cameron, sont fausses. Les membres d'équipage Scott et Ranger se sont descendus via les cordages du canot n°16, comme on peut le voir dans cette scène. Ranger a dit qu'il n'y avait personne sur le pont quand il est descendu par les bossoirs; Scott a décrit "beaucoup de chauffeurs", mais il ne précise pas leur location exacte.

Pour l'anecdote, l'acteur qui joue le rôle de Gracie, Bernard Fox, a aussi joué Fred Fleet dans l'adaptation de 1958 de "A Night To Remember".



"Les signaux de détresse/Appeler à l'aide"
Le design de ces "fusées" de détresse est faux. En fait il s'agissait simplement de "douilles de signal", des petits cylindres métalliques qui étaient lancés en tirant sur un cordon de mise à feu. Quand le Quartier-maître en charge de les lancer a quitté le Titanic, il a dit qu'il y en avait encore "quelques-unes" dans la boîte qui en contenait initialement 12.



"La place du Président dans le canot"
Ismay est dépeint comme partant du Titanic dans une scène presque vide de gens. Cependant, mes recherches (voir ici pour l'article: http://www.paullee.com/titanic/ismaysescape.html) indiquent qu'il était entouré par une foule considérable qui entourait le canot et que des coups de feu ont été tirés pour disperser la foule.
(Note perso, ça faisait longtemps^^ Je ne vais pas traduire l'article (du-moins pas tout de suite, haha), mais pour ceux qui n'ont pas été voir, ce dernier émet la possibilité que Ismay ait été poussé dans le canot, mais ayant donné un faux témoignage pour certaines raisons...



"Tellement triste"
Tandis que la radeau pliable D est affalé, Jack plonge son regard dans les yeux de son amour, alors que derrière lui, une autre "fusée" monte. Sauf que...la personne chargée de lancer les fusées était le Quartier-maître Rowe, et il a abandonné le navire dans le même canot qu'Ismay, quelques minutes avant le radeau D!

Aucun passager masculin n'a été autorisé à s'approcher du radeau D durant son chargement. Les membres d'équipage avaient joint leurs bras autour du bateau et n'admettaient que les femmes et les enfants à bord.



"Rose prend sa décision..."
Donc Rose décide qu'elle ne peut pas partir sans Jack et ressaute à bord du bateau. Cependant, de nombreuses choses sont fausses dans cette scène. Deux gentlemen sautent dans le canot à ce moment dans la réalité, et l'un d'eux, Hugh Woolner, indique que le navire gîte fortement sur bâbord (environ de 10° - bien que le film ignore cette gîte totalement), et que l'eau s'engouffrait sur le pont A par dessus la cloison à cet instant, que la promenade du pont A était déserte quand lui et son ami ont sauté depuis l'eau jusque dans le canot, et que les lumières sur le pont A brillaient d'un "rouge tout droit sorti de l'enfer"... Et pourtant, rien de tout ça dans le film.

"...et fonce rejoindre Jack".



"Carillon aérien"
Alors que Jack et Rose fuient les balles de Cal, ils s'engouffrent dans la Salle à manger de première classe. Notez la rapidité avec laquelle cette dernière est inondée (probablement à cause de l'exclusion miraculeuse d'une petite scène impliquant Jack prenant une revanche bien méritée sur Lovejoy). Mais à chaque fois que l'on retourne au-dessus des ponts, le niveau de l'eau, bien qu'ayant monté entre quelques scènes, n'a jamais monté aussi rapidement que dans le restaurant. Comme si l'intérieur du Titanic coulait et pas l'extérieur.

Comme déjà dit ci-dessus donc, nous savons du canot n°4 que l'eau atteignait déjà le pont C quand ce dernier a été affalé, et que l'océan s'engouffrait par tous les hublots ouverts sur ce pont. Cette scène a lieu après que le radeau D soit parti, donc peut-être 15 minutes après le départ du canot n°4. Et le pont C est sec...




La localisation, le nombre et l'espacement des fenêtres des quartiers des officiers et de partie des premières classes juste derrière sont faux. Et là encore, on a quelques problèmes avec l'éclairage des cabines vides (les carrés rouges indiquent les cabines dont on sait qu'elles étaient occupées), et n'y a t-il personne qui ne pense à fermer ses rideaux pour empêcher les curieux de regarder dans leur cabine?

Et le design des lampes de pont est faux aussi. Comme on peut le voir sur l'image ci-dessous, les lumières avaient un écran sur leur partie avant.

On dirait qu'il manque aussi au navire le joint d'expansion avant; des vides dans la superstructure qui permettait au navire d'être plus flexible en mer. Ces vides étaient couverts de caoutchouc et étaient situés derrière la porte qui peut être vue dans ces screens.
(Note perso: j'ai lu des trucs intéressants sur ces joints d'expansion sur Facebook grâce au groupe d'experts qui en parlaient. Le joint avant en tous cas bénéficiait à lui tout seul (le chanceux!) d'un couloir qui ne servait à rien d'autre qu'à masquer le joint entre les cabines. Mais l'équipage l'utilisait aussi pour entreposer du matériel de nettoyage!)




"J'abattrai tout homme..."
La Presse Internationale s'est fait plaisir sur celui-là. Un officier qui abat des passagers et ensuite lui-même? Ridicule! Mais une recherche approfondie (ici: http://wormstedt.com/Titanic/shots/shots.htm) a montré que l'histoire est basée sur des faits réels; plus de débat est présenté ici: http://home.comcast.net/~georgebehe/titanic/page11.htm.

A mes yeux, la scène est non seulement inexacte mais aussi un poil trop sereine. La fusillade est actuellement décrite comme ayant eu lieu quand le pont des embarcations a commencé à glisser sous l'eau, et que la panique a suivi.

Le corps du Premier officier Murdoch n'a jamais été retrouvé, et aucun autre corps n'avait de blessure par balles. Cependant, sur 1500 morts, seulement quelques 350 corps ont été retrouvés plus tard.

Le canot est montré quelques minutes plus tard en train d'être chargé sur le pont, mais pour autant que je puisse vérifier, ceci n'est pas arrivé: le colonel Gracie s'en rappelle, lorsqu'il a entendu le son de l'eau gargouillant en montant dans les escaliers avant, il a vu plusieurs personnes "prêtes à monter [dans le canot]". Tandis que le pont des chaloupes glissait sous l'eau quelques minutes plus tard, il y a eu une ruée vers le canot, mais un chargement organisé comme dans le film? Non! En fait, à relire le témoignage de Gracie de qui était dans la zone et de ce qu'ils faisaient, on ne dirait pas le film du tout!

"Adieu Will Murdoch!"



"Voilà qui semble étrange!"
L'équipement de sondage Kelvin est manquant du décor (il avait un couvercle de protection en bois sur le vrai Titanic pour empêcher des dégâts). Il devrait être positionné derrière et à gauche de ce bossoir, là où la mêlée de cordes se trouve.Il y en avait un autre de l'autre côté au même endroit.


On se voit la prochaine fois pour la suite du naufrage! J'ai bossé (pas non-stop mais beaucoup, depuis 14h, il est 2h30 du matin, heure du naufrage... Je vais dormir! rire
Revenir en haut Aller en bas
PassionTITANIC<3

avatar

Féminin
Messages : 88
Inscrit le : 24/01/2014
Localisation : Au pied du grand escalier en attendant Léonardo qui n'arrive toujours pas!

MessageSujet: Re: Crédibilité historique...    Mar 25 Mar 2014 - 18:03

Quel travail ! Merci encore pour la traduction. sourire 

Voici une petite émission bien sympathique sur les anachronismes du film et autres petites erreurs.
http://www.allocine.fr/video/video-19203263/
Revenir en haut Aller en bas
Colargol

avatar

Masculin
Age : 22
Messages : 847
Inscrit le : 18/10/2012
Localisation : Sur le quai de la gare :P

MessageSujet: Re: Crédibilité historique...    Mar 25 Mar 2014 - 19:28

Merci!  clin 

J'avais déjà vu l'épisode de "Faux-raccord", et il contient certaines choses intéressantes. Malheureusement, s'il devait s'attarder sur toutes les petites erreurs et problèmes du film (même sans aborder les innombrables erreurs historiques relevées par M. Paul Lee), on en aurait pas fini.

Après, l'avantage de l'article de Lee est qu'il respecte parfaitement la vocation de ce topique, à savoir la crédibilité historique du film. Pour ce qui est des erreurs de tournage ou de raccord, on s'éloigne un peu du sujet. Néanmoins comme je l'ai dit, il y a quelques infos intéressantes que je vais laisser les autres découvrir ou redécouvrir!
Revenir en haut Aller en bas
Joris

avatar

Masculin
Age : 25
Messages : 10125
Inscrit le : 23/02/2007
Localisation : Moselle (57)

MessageSujet: Re: Crédibilité historique...    Mar 25 Mar 2014 - 20:20

Encore un énorme travail Corentin, félicitations et merci  app 

J'adore découvrir ces anecdotes, détails et autres remarques en tout genres sur le film, car il y avait vraiment certaines que je ne connaissais pas.

Pour la luminosité, on avait notamment évoqué ceci ici  clin 

Joris

_________________
Le Titanic coulait il y a cent cinq ans le 15 avril 1912. Une catastrophe maritime que rien
ne laissait prévoir et qui coûta la vie à plus de 1500 personnes.
Une pensée pour toutes les victimes de cet événement tragique qui a eu lieu il y a un siècle
et n'oublions jamais... coeur

Revenir en haut Aller en bas
http://walygator-all-.wifeo.com/index.php
PhilC

avatar

Masculin
Age : 39
Messages : 1045
Inscrit le : 28/09/2013
Localisation : Côte d'Or

MessageSujet: Re: Crédibilité historique...    Mar 25 Mar 2014 - 21:19

Bravo colargol pour cette analyse intéressante.
 app 

Personnellement, je m'étais déjà dis que dans la nuit, les hublots n'étaient pas forcément éclairés, surtout si les passagers dormaient déjà - à moins de dormir la lumière allumée. Mais je n'avais jamais fait le rapprochement avec toutes ces cabines laissées vacantes durant ce fameux voyage.

Par ailleurs, j'avais déjà remarqué l'absence de la cloison de l'escalier de deuxième classe, d'autant qu'elle apparaît dans certains plans, dont la longue scène présentant l'ensemble du navire (juste après que Jack crie être le roi du monde). Peut-être ai-je zappé ta remarque, mais as-tu déjà constaté que ce long plan de survole inverse le côté bâbord avec le côté tribord? Sur le gaillard d'avant, la manche à air est à droite au lieu d'être à gauche et, sur le pont des embarcations, le gymnase est à gauche au lieu d'être à droite. Ce même problème apparaît lors des scène à Southampton en raison du procédé de tournage.

Pour l'engloutissement même du navire, j'ai parfois l'impression que le bâtiment a tendance à stagner un peu après que la mer ait recouvert le pont avant. Autre erreur, Hugh Woolner a déclaré que la mer envahissait l'avant du pont A au moment de la mise à l'eau du radeau D, ce qui n'est pas le cas dans le film. Son envahissement commence beaucoup plus tard.
Revenir en haut Aller en bas
http://titaniccyberweb.free.fr/
Colargol

avatar

Masculin
Age : 22
Messages : 847
Inscrit le : 18/10/2012
Localisation : Sur le quai de la gare :P

MessageSujet: Re: Crédibilité historique...    Mar 25 Mar 2014 - 23:06

Merci à vous! Je pense traduire la fin et la conclusion de l'article d'ici la fin de la semaine. Je savais que vous le trouveriez intéressant!

Merci pour le rappel sur le topique de l'éclairage Joris!  pou 
Revenir en haut Aller en bas
LadyPierce

avatar

Féminin
Age : 24
Messages : 1797
Inscrit le : 15/01/2013

MessageSujet: Re: Crédibilité historique...    Mer 26 Mar 2014 - 12:09

Superbe Article Colargol, mais je pense pas que Cameron est voulu que tout soit comme la réalité, sa reste un film donc une fiction. Mais très sympa de savoir les points totalement faux entre la réalité et le film.  ouf 
Revenir en haut Aller en bas
Manny

avatar

Féminin
Age : 27
Messages : 1185
Inscrit le : 27/07/2013

MessageSujet: Re: Crédibilité historique...    Mer 26 Mar 2014 - 14:24

Merci pour cette deuxième partie Corentin, elle est aussi intéressante que la première. Franchement, il faut les chercher les détails et on peut remercier Paul Lee de s'y être attardé. Qu'est-ce que je me marre avec les comparaisons, notamment avec l'histoire de l'eau s'engouffrant n'importe où et n'importe quand ; les trajets dans les coursives aussi, ou tout le monde fait des détours (d'ailleurs, j'adore le passage où il évoque le trajet qu'Andrews donne à Rose pour aller au bureau du maître d'arme. Je crois que je n'ai jamais réussi à le retenir).
L'un des points les plus intéressants est sûrement celui de l'embarquement d'Ismay. Poussé dans un canot ? Intéressante théorie, qui n'est pas à exclure s'il y' avait en effet du monde sur le pont (contrairement à ce qui a été rapporté par la suite).

Pour en revenir à la famille étrangère cherchant à traduire un panneau via leur dictionnaire, Paul Lee dit qu'il y' a une erreur puisqu'il n'y avait qu'une personne de couleur noire sur le paquebot. Je veux bien mais, à moins que je sois daltonienne, je dirais plutôt que cette famille vient de Moyen-Orient. Donc une peau mate oui, noire... non.
Et enfin, heureusement que Cameron n'a pas respecté scrupuleusement les détails historiques évoqués par Lee, la scène de la collision aurait pu être beaucoup plus fade à l'écran !
Revenir en haut Aller en bas
Colargol

avatar

Masculin
Age : 22
Messages : 847
Inscrit le : 18/10/2012
Localisation : Sur le quai de la gare :P

MessageSujet: Re: Crédibilité historique...    Mer 26 Mar 2014 - 15:51

@LadyPierce: Je conçois que comme dans tout film, il y a des contraintes et des restrictions. De plus, Cameron a intégré une fiction d'amour à une situation réelle, un évènement historique qui est réellement arrivé. Alors bien sûr, je suis d'accord, tout ne pouvait pas être totalement conforme pour pouvoir faire son film (rien que son histoire n'aurait jamais pu arriver si il avait respecté l'histoire d'isolement des classes).
Mais avec le budget qu'il avait, si il a pu reconstruire tout ça, il aurait pu au-moins faire en sorte de le faire correctement!
C'est comme si tu tournais un film d'action sur Paris mais que tu mettais la tour Eiffel sur la Seine. Ou un documentaire sur le 11 Septembre en mettant des pompiers de San Francisco... ça n'a pas de sens!

@Manny: moi aussi je rigole bien quand je lis certaines choses. Et j'ai hâte que vous lisiez la conclusion de l'article, vous verrez que Môsieur Cameron n'est pas si sympa que ça...
Ma mère non plus n'a jamais réussi à retenir l'itinéraire d'Andrews, elle se serait perdue en sortant des ascenseurs!  rire 

Et je trouve aussi la théorie pour Ismay intéressante. J'avoue ne pas avoir lu la totalité de l'article, mais il parle d'un faux témoignage d'Ismay et tout, faudra que je retourne lire tout ça^^

Enfin, comme je l'ai dit quand j'ai commencé la traduction de l'introduction de l'article (en page 1), je ne suis pas d'accord avec tout ce que dit Lee. Par exemple la famille du Moyen-Orient n'est en effet pas noire, juste la peau un peu mate.
Après pour la scène de l'iceberg, je pense que même en suivant les indications de Lee il était possible de faire quelque chose qui fasse froid dans le dos et soit spectaculaire. Ce que je reproche surtout à cette scène, c'est que toute la lumière qui couvre le bateau et ses occupants est bleue et trop claire, ça me dérange car ça ne retranscrit pas assez bien la nuit.

Mais chacun son avis! clin 

Je pense que je ferai la suite et fin demain.  pou 
Revenir en haut Aller en bas
Manny

avatar

Féminin
Age : 27
Messages : 1185
Inscrit le : 27/07/2013

MessageSujet: Re: Crédibilité historique...    Mer 26 Mar 2014 - 16:16

J'ai hâte de lire la fin, on y prend goût mine de rien.
Pour la scène de l'iceberg, c'est certain qu'il y'a mille et une façon de rendre l'ensemble prenant, spectaculaire et inquiétant mais, nous avons affaire à Cameron, ne jamais oublier ce détails. Si on connait un minimum sa filmographie, on sait qu'il aime les muscles et taper avant de parler. Les exemples pré/ post Titanic ne manque pas: les deux Terminators, Alien, le retour (qui, au passage, est le volet que j'aime le moins, trop de bastons abrutissantes "made in USA"), Avatar...
Donc finalement, en regardant le film aujourd'hui et en tenant compte de ces paramètres, je trouve ça presque "logique" de là part de Cameron de nous pondre: un suicide, des passagers retenus derrière des grilles qu''on hésite pas à frapper à coup de manche de hache.
Après pour ce qui est de la lumière... ça, c'est une affaire de goût, d'esthétisme et d'envie du cinéaste. Il a voulu donner une ambiance particulière à cette scène et a choisi ses couleurs en conséquences, le cinéaste est seul maître à bord pour ce choix.
Bien entendu, chacun son avis. Heureusement !  clin 
Revenir en haut Aller en bas
Colargol

avatar

Masculin
Age : 22
Messages : 847
Inscrit le : 18/10/2012
Localisation : Sur le quai de la gare :P

MessageSujet: Re: Crédibilité historique...    Ven 28 Mar 2014 - 0:04

Comme promis, la dernière partie de l'article!  clin
(Il est 15h pile quand je commence la traduction^^)


PARTIE 3: Fin du naufrage, Scènes coupées, Conclusion



"Plus près de toi mon Dieu"
Les recherches de George Behe ont révélé que pendant les dernières minutes, les musiciens de l'orchestre aurait dû soit porter des gilets de sauvetage, soit les avoir près d'eux.



"D'où viennent-ils?"
Benjamin Guggenheim et son valet regardent tandis que des passagers de troisième classe luttent pour atteindre le Grand Escalier et le pont des embarcations. D'où venaient ces passagers? Il n'y avait pas d'escalier en avant de ce point qui leur aurait permis d'accéder à cette partie du navire et en plus, cette zone du navire était déjà sous l'eau. Et si ils sont parvenus jusqu'à cet endroit, ils ont forcément dépassé le Grand Escalier, ou n'ont pas remarqué qu'il montait encore d'un étage!

Un autre point: la fameuse phrase "Nous sommes habillés de notre mieux et sommes prêts à mourir en gentlemen" a bel et bien été dite, selon son steward Henry Etches. Mais Etches est parti dans le canot n°5, le deuxième canot à partir, donc la fameuse phrase de Guggenheim a dû être prononcée bien avant ceci. A un moment où personne ne semblait inquiet pour le Titanic, est-ce que le riche "playboy" était détenteur d'informations secrètes sur l'état du navire, ou bien faisait-il simplement de l'humour noir? Cette même remarque s'applique au film "A Night to Remember" aussi. Etches n'a jamais rien dit sur cette fameuse phrase lors de l'Enquête Américaine, elle n'apparaît que dans les journaux.



"N'allez-vous même pas tenter votre chance?"
Il semble blasphématoire de le suggérer, mais cette scène ou une quelconque version de celle-ci est-elle vraiment arrivée?? Cela vient d'un livre sur Thomas Andrews écrit par Shan Bullock en 1912. Dedans, il cite un témoin anonyme: "Plus tard, un assistant steward l'a vu [Andrews] debout seul dans le fumoir, ses bras croisés devant lui et son gilet de sauvetage étalé sur une table près de lui. Le steward lui a demandé, "N'allez-vous pas tenter de sauver votre vie M. Andrews?". Ce dernier ne lui a jamais répondu et n'a pas bougé, "il est juste resté debout comme quelqu'un sous le choc".
Cependant, ce récit -s'il est véridique- n'est pas la dernière fois qu'Andrews a été aperçu. En effet, le livre de Bullock mentionne d'autres fois où il a été vu après cela, et plus tard même dans la zone de la passerelle. L'anecdote du fumoir semble s'être produite vers 1h30 du matin, juste avant que le canot n°15 ne parte.
Et soit dit en passant, on pense qu'Andrews avait un accent d'Irlande du Nord, pas un gros accent de paysan d'Irlande du Sud (Eire).

Oh, et le sol du décor est faux aussi. Le fumoir du film semble couvert de moquette, avec une sorte d'ornement abstrait dessus; le vrai Titanic possédait un carrelage de plaques rouges et bleues. La Salle à Manger avait aussi un carrelage plutôt qu'une moquette. Le film a été fait bien après que les expéditions dans l'épave de remontée d'objets aient découvert des fragments montrant le type et la décoration des sols de ces pièces. Alors pourquoi Cameron a t-il décidé d'ignorer les preuves physiques? Une compagnie de moquette dénommée BMK Stoddard a affirmé avoir fourni les navires en moquette, et qu'ils possédaient toujours un échantillon original des motifs dans un dossier. Alors Cameron, dans sa tentative pour rendre le navire plus exact, a dépensé 100 000£ dans des reproductions. C'est seulement plus tard que des recherches ont montré que la compagnie n'avait ces motifs que dans un dossier, pas dans ses archives, et bien que cette moquette ressemble fort à celles installées dans le Lounge de l'Olympic (bien que plus claires, Dieu merci pour les caméras), on suspecte que c'est une compagnie à mal financièrement qui y a vu une façon de se faire de l'argent en dupant Cameron.

Enfin, Andrews n'aurait pas pu marcher tout droit jusqu'à Rose avec le gilet de sauvetage; de chaque côté de la cheminée se situaient des sofas en courbe qui s'étendaient jusqu'à 2,7 mètres dans le fumoir.



"Complètement inutile à qui que ce soit"
Le Capitaine Smith regarde tandis que le radeau B est préparé pour sa mise à la mer malgré le fait qu'il soit retourné. En réalité, le Commandant Smith avait déjà sauté par-dessus bord à ce stade et de plus, le pont des embarcations a été balayé par une vague seulement quelques secondes après que le radeau ait été poussé sur le pont en-dessous. Il n'y a pas eu de scène de chaos total comme dans le film. Regardez attentivement, Lightoller supervise les évènements pendant qu'il est debout sur le canot quille en l'air. En fait, il n'a jamais quitté le toit du quartier des officiers (sauf si l'on en croit Victor Sunderland, dont le récit diffère drastiquement de celui de Lightoller). Après que le radeau B ait atterri sur le pont, il est allé à tribord voir s'il pouvait être d'une aide quelconque. Le fil montre Lightoller toujours sur le pont tandis que le navire sombre en-dessous de lui, et le montre coupant les cordages et ensuite se hissant sur l'une des cordes (le hauban d'une cheminée?). Le radeau B a en fait été abandonné à ce moment car rien ne pouvait plus être fait avec, et l'eau submergeait le pont de toute façon.



"Pardon...?"
Dès le moment où on lui annonce que le navire dont il est responsable va sombrer, le Capitaine Smith est montré comme trop choqué pour agir de manière efficace. Ceci n'est pas arrivé.



"La Fin approche"
La passerelle est montrée dans le film avec ses lampes allumées; d'un point de vue filmique, c'est normal, car personne ne veut avoir à plisser les yeux pour distinguer des formes floues se déplaçant dans l'ombre et l'obscurité. Mais la passerelle aurait été gardée plongée dans le noir pour empêcher la détérioration de la vision nocturne, ce qui aurait empêché de voir d'éventuels autres navires dans le voisinage (comme le Californian par exemple). En outre, les publications Lloyd suggèrent même l'idée sensée d'éteindre toutes les lumières à proximité des lampes morses, sans quoi ces dernières seraient noyées dans l'éclat aveuglant de n'importe quelle autre lampe à proximité.

Il y a aussi de nombreux témoignages de témoins directs que le Commandant Smith n'est pas mort enfermé dans la timonerie. L'opérateur junior Marconi Harold Bride l'a vu sauter dans l'océan depuis la passerelle vers la fin du naufrage. Bien que certains affirment que Smith a réussi à nager vers un canot proche, refusant de monter à bord, nous ne savons pas ce qui lui est arrivé. Son corps n'a jamais été retrouvé.

"Ses derniers instants"



"Honte éternelle"
Ismay a témoigné qu'il était heureux de ne pas avoir vu le Titanic sombrer. Il ne s'est retourné qu'une seule fois, 10 minutes après le départ du canot; en d'autres mots quand le Titanic se trouvait encore tout proche et non pas au loin comme montré ici. De plus, le Quartier-maître Rowe, en charge du canot, a dit aux enquêteurs britanniques que son canot, contenant Ismay, était situé face à l'étrave du Titanic. Dans cette perspective, le canot semble quelque part au large de la proue à tribord.

Et puisqu'on est dans le sujet, "Molly" Brown a le même point de vue, mais depuis bâbord. Mais son canot avait ramé sans relâche vers les lumières mystérieuses d'un navire proche, et ce depuis un certain temps; et si les insinuations des occupants du canot n°6 peuvent nous donner une idée, ceux dans l'embarcation fragile se trouvaient trop loin pour voir le naufrage aussi bien que montré dans le film.



"L'argent ne te sert plus à rien maintenant!"
J.J.Astor est décrit comme étant à l'intérieur du navire au niveau du pont des embarcations sur le Grand Escalier quand le dôme de verre implose. Il a pourtant dû s'aventurer dehors à un certain moment puisque son corps a été retrouvé plus tard.

En plus, il y a une erreur majeure dans cette scène. Quelques minutes plus tôt, on a vu les fenêtres sur le pont des chaloupes imploser à cause de la pression de l'eau, et Fabrizio presque se faire aspirer à travers. Donc à ce stade, le foyer du Grand Escalier est submergé. Quand Astor voit le dôme s'effondrer, non seulement le foyer au niveau du pont principal est sec, mais il aurait été sous l'eau de toute façon, rappelez-vous, l'eau entre à travers le dôme par au-dessus! Les fenêtres au niveau du pont principal n'auraient pas résisté longtemps sous la pression montante de l'eau.

Cette erreur peut être mieux décrite sur l'image suivante venant du Scénario Illustré:

Traduction de la légende sur l'image:
-Flèche du haut: L'eau entre à torrent par ici....
-Flèche du bas: ....mais ne fait que dégouliner [gentiment] là!


Et pourtant, Cameron a quand même décidé de mettre cette scène en boîte. Quand à ces cascadeurs? Eh ben on les a payé - alors putain bien sûr qu'on va les voir!



"Où tu iras, j'irai."
De façon similaire à J.J.Astor, Ida et Isidor Strauss ont dû se trouver sur le pont durant les derniers instants du naufrage. Le corps d'Isidor fut retrouvé plus tard, celui d'Ida n'a jamais été trouvé.
(Note perso: j'ai bien lu quelque part qu'ils étaient restés allongés sur des chaises longues sur le pont... Qu'en pensez-vous?)

La cabine des Strauss était sur le pont C, un peu au-dessus de l'entrée de la Salle à manger des premières. Étant donné le taux d'inondation du salon, et vu que l'on voit le palier du Grand Escalier au pont A être submergé quelques scènes après celle-ci, leur cabine aurait dû se trouver sous l'eau au moment où on les voit se serrant dans les bras. Et leur lit ne semble t-il pas un peu trop petit pour un couple marié?



"Le pont principal sombre"
Sur le véritable Titanic, il semble que le pont principal s'est élevé avant de redescendre soudainement, le forçant à glisser sous les flots subitement et envoyant une grosse vague sur le pont. C'est à ce moment que le pont des embarcations a été assiégé par des passagers de troisième classe émergeant des ponts inférieurs. Cela ne ressemble pas du tout à la version de Cameron, le navire plonge lentement sous l'eau et les ponts sont surpeuplés en permanence.

Le film montre aussi le radeau A être accroché aux bossoirs du canot n°3; il a en fait été attaché à ceux ayant servi pour le canot 1 et le radeau C, qui se trouvaient juste devant (et desquels Ismay s'est échappé). Et personne n'aurait été placé dans un canot tant que celui-ci était sur le pont. Est-ce qu'ils attendaient de l'équipage qu'ils soulèvent le canot dans les airs, le basculent hors du pont et l'affalent avec des passagers déjà à bord?



"La chute de la première cheminée"
Dans le film, la première cheminée tombe à bâbord; mais de nombreux témoins oculaire assurent qu'elle est tombée à tribord. Le tuyau à gauche de la cheminée (à côté de l'échelle) est aussi fausse; elle avait simplement une forme en "u", sans s'entortiller au sommet.

"La vrai première cheminée"



"La cheminée tombe"
Apparemment ceci a été corrigé dans les version 3D et Blu-Ray du film; il manque la peinture noire au sommet de la cheminée.
(Note perso: je vous confirme, j'ai vu les images avec la correction. Cependant de mon point de vue, par rapport à la taille de la cheminée, la peinture noire ajoutée ne couvre qu'une partie ridicule, et rend la scène encore moins crédible que sans la peinture. )



"L'un des infortunés"
Entre deux scènes on peut apercevoir une jeune fille pieds nus, morte, dans le Lounge de Première classe, le chandelier derrière sa silhouette. Cependant, quelques minutes plus tard, on voit depuis l'extérieur jusqu'où le navire s'enfonce sous les flots, et la zone du lounge (en rouge) est presque complètement hors de l'eau.
(Note perso: cette jeune fille est-elle de première classe??? Et le contact de l'eau salée n'aurait-il pas fait sauter les ampoules?)

"La Fin est proche"



"Tous à la poupe!"
Juste une petite remarque, mais Jack et Rose sautent sur la protection de l'écoutille de la cale n°4, à côté de la bibliothèque de seconde classe sur le pont B. Cette protection était en fait une toile goudronnée, fermement étirée et maintenue en place. Elle aurait au-moins dû plier sous leur poids si ils avaient sauté dessus.



"Ensuite je vis un nouveau paradis et une nouvelle terre"
Le Père Thomas Byles a bel et bien prié avec ses ouailles, mais depuis l'extrémité arrière du pont des embarcations, pas le gaillard d'arrière. Il a peut-être tenté de rejoindre la sécurité temporaire du gaillard d'arrière tandis que l'eau montait rapidement vers lui, mais personne ne le sait. Et si l'on en croit l'interview d'un journal du soutier Thomas Dillon, il n'y avait qu'une quinzaine de personnes sur le gaillard d'arrière avant que le navire ne plonge sous les flots avant de se stabiliser. Après cela, il n'y avait plus que 5 personnes. Frank Prentice confirme cela avec son commentaire affirmant que c'était "calme" là-haut vers la fin. Cependant, pour être juste, on doit aussi mentionner l'impression de Thayer en 1940, qu'ils "pouvaient voir des groupes des presque 1 500 personnes encore à bord se cramponner en masse, comme des essaims d'abeilles; simplement pour tomber en masse, par deux ou tous seuls, tandis que la grande poupe du navire se dressait dans le ciel...". C'était juste avant que le navire ne pivote sur lui-même, tournant ses pont dans l'autre sens et hissant ses hélices au-dessus des têtes des occupants du canot... et de glisser sous les flots.

Le verset que récite le Père Byles dans le film vient du livre de la Révélation 21:1-4. Selon des témoins directs, Byles récitait le rosaire, et effectuait des actes d'absolution et de contrition aux masses condamnées qui se regroupaient autour de lui.



"Juste une 'tite gougoutte de whisky"
Le chef boulanger Charles Joughin est interprété comme ivre. C'est bien loin de la réalité; il n'a pris qu'un demi-gobelet de spiritueux lorsqu'il a filé à sa cabine durant l'évacuation. Sa description dans le film ne ressemble pas beaucoup à son témoignage à Londres lors de l'enquête britannique. Il a dit que, juste avant la fin, le navire a plongé en gîtant fortement à bâbord, éjectant tout le monde sauf lui. Le navire ne s'est jamais remis de cette gîte. Il s'est retrouvé à marcher le long du côté tribord du navire, de l'autre côté du bastingage, et c'est alors que le navire a sombré en-dessous de lui.



"Le navire se déchire lui-même"
Un autre correspondant sur Internet a écrit "Quand le navire commence à se déchirer et que l'intérieur s'effondre, la pièce qu'on nous montre est un mélange avec les fenêtres du Lounge (déjà sous l'eau d'après la scène avec la jeune fille flottante) et le plafond du fumoir. Et de plus, selon l'endroit où le navire se brise dans le film, ces pièce ne devraient pas faire partie de la cassure". En fait, aucune pièce publique ornée ne se trouvait près de la cassure.... Et contrairement à ce qu'on commentateur mal-informé d'IMDb a dit, la quatrième cheminée a été vue se fracasser en arrière, par un membre d'équipage du nom de Dillon.

Les effets de son de cette scène sont faux aussi. Tout ce que nous entendons est un long grognement tandis que les lumières s'éteignent et ensuite un bruit d'éclatement pendant la cassure. Ce que les survivants ont réellement entendu ressemblait plutôt à de longues explosions.

La location de la cassure est aussi fausse. La partie avant de l'épave montre qu'il s'est cassé vers l'arrière, juste devant la troisième cheminée. Dans le film de Cameron, la cassure s'effectue juste derrière cette cheminée.

"Cassé en deux..."



"...Et la poupe vint s'écraser dans l'eau"
On voit la poupe s'écraser en créant une énorme vague lorsqu'elle touche l'eau. Aucun survivant na reporté un tel éclaboussement.



"La Mort d'un Titan"
Alors que le navire sombre, il crée un torrent de turbulences mousseuses qui aspire "Jack et Rose" sous l'eau. Tandis qu'il est vrai qu'il y a eu un effet de suction lorsque la proue a sombré, le naufrage de la proue s'est déroulé sans ce petit effet théâtral... On nous parle juste d'une petite vague qui a repoussé des débris. Donc la version du film montre encore des conneries.



"Tu vas la fermer ta grande gueule!"
Cette réplique, qui fait parfois rire le public au cinéma, a bel et bien été prononcée. Enfin, presque; ce qui a été dit était :"Si tu n'arrêtes pas de parler avec ta grande gueule, y'aura une personne de moins dans ce canot!". Et ça a été dit dans le canot n°8, pas le n°6. Et l'accent d'Hichens est faux là encore, puisqu'il venait de Cornouailles.



"Attachez-les ensemble"
Les canots furent en fait attachés à la queue leu leu (la proue de l'un attachée à la poupe de l'autre), et il y en avait 5 au total, pas 3 comme dans cette scène.



"Une vision d'horreur"
Croyez-le ou non, Lowe affirme qu'il n'a pas vu un seul corps de femme parmi les débris.

"On a attendu trop longtemps"



"Est-ce qu'il y a quelqu'un de vivant?"
Contrairement à l'opinion populaire, le 6ème officier Moody a donné une lampe torche à Lowe avant que ce dernier ne quitte le Titanic. On peut douter que ses compagnons dans le canot en ait eu une aussi en revanche.
(Note perso: Cameron lui-même a admis avoir outrepassé la réalité dans cette scène, et avoir distribué des lampes à tour de bras car il fallait bien "éclairer la scène d'une manière ou d'une autre" selon ses propres termes.)



"Ne me laisse pas!"
Si Lilian Bentham a raison, le design du sifflet d'officier est faux. Voir cet article: http://www.paullee.com/titanic/lbentham.html
(Note perso: il s'agit du sifflet de Wilde dans le film).



"Seulement 6 furent sauvés des eaux"
Selon le site Encyclopedia-Titanica, le canot n°4 a récupéré 8 hommes, sur lesquels 2 sont morts, et le canot n°14 en a récupéré 3 ou 4, dont l'un est mort; le radeau D a récupéré 1 personne. Cependant, le livre posthume du Colonel Gracie corrobore le chiffre de la vieille Rose. Le "6" inclus Rose elle-même et elle ne semble pas inclure la trentaine de passagers des radeaux A et B qui ont fourni un refuge pour les gens qui nageaient dans l'eau. Ces survivants-là ont été récupérés plus tard par d'autres canots. Donc bien sûr, l'affirmation "un seul est revenu" est complètement fausse; les canots 4 et 14 sont revenus secourir certaines personnes.



"Enfin à l'abri!"
On voit que Caledon Hockley a été secouru du radeau pliable A qui était submergé. En réalité il aurait fait jour dans cette scène. Bizarrement, Rose avait été sauvée par le canot de Lowe (n°14), et maintenant Hockley a été sauvé par Lowe, qui remorquait le radeau D et avait transbordé les survivants du radeau A dedans. C'est incroyable que Hockley n'ait pas remarqué Rose à quelques mètres de lui!



"Faire des signaux"
Lowe n'a pas utilisé de vert, ou toute autre flamme colorée; la seule personne qui l'a faite était le 4ème officier Boxhall, et son canot fut le premier secouru. De plus, quand il remorquait le radeau D vers le Carpatia, Lowe a été vu porter ce qui semblait être une écharpe blanche (ou d'une couleur très claire).

"Remorquer le radeau D"



"Ce sont tous des Troisième classe"
Hockley descend sur la dunette à la recherche de Rose; un steward lui dit qu'il y a peu de chances qu'il trouve des membres de son groupe puisque ce ne sont que des passagers de l'entrepont. Le script est ambigüe sur ce point: l'isolement des classes était-il en place? Les passagers d'entrepont se sont-ils rassemblés ici d'eux-même? Ou bien le steward a t-il simplement pensé que c'était uniquement des Troisième classe en se basant sur leurs vêtements, etc...? Les preuves sur ce sujet sont confuses; il semble y avoir eu une forme d'isolement en place, mais elle ne semble pas avoir été appliqué de façon stricte. Lawrence Beesley est descendu parmi les Troisième classe le 16 Avril pour faire une liste des noms; certains survivants du Titanic furent hébergés en Troisième classe lorsqu'on ne trouvait pas de place convenable en Deuxième classe; et des passagers du Carpathia avec des appareils photos (donc pas des Troisième classe!) sont descendus dans le territoire de l'entrepont sur les ponts ouverts pour prendre des photos de ceux des classes inférieures.



Deleted Scenes



"Le gymnase"
Cameron s'est donné du mal pour trouver des acteurs qui ressemblaient à leur personnage, alors pourquoi a t-il employé un acteur si corpulent pour représenter T.W.McCawley, qui s'occupait du gymnase?



"La salle Marconi"
Si les télégrammes Marconi étaient envoyées à la cabine radio par un tube pneumatique, pourquoi quelqu'un venait-il aussi leur en apporter en personne? Il y a aussi d'autres problèmes: Harold Bride dormait quand le dernier avis de glace du Californian a été reçu. Et Phillips aurait envoyé le message raccourci "D D D" pour indiquer "cesser de transmettre" plutôt que de taper chaque lettre. Je laisserai à d'autres le soin de s'occuper de l'exactitude du code morse!



"La rebuffade est reçue"
Cyril Evans du Californian a dit plus tard aux enquêteurs du désastre que le message de Phillips lui indiquant de la fermer n'était pas voulu, et qu'il ne l'a pas pris comme une insulte.

Dans la vrai vie, Evans n'a pas éteint son poste juste après avoir été refoulé par le Titanic. Il a écouté quelques-uns des autres messages privés envoyés par l'équipage du Titanic. Et Evans était seul lorsque c'est arrivé; le 3ème officier Groves était de quart et il aurait été passable d'un sérieux manquement de conduite si il avait quitté son poste sur la passerelle.

Sans personne pour transmettre les détails de le rebuffade du Titanic au public, la seule façon dont cette scène pouvait marcher était d'inclure des sous-titres.

Une autre bagatelle: l'acteur jouant Cyril Evans est Adam Barker, le fils d'un comédien britannique décédé, Ronnie Barker. Adam a amassé une énorme collection d'images de pornographie d'enfants sur son ordinateur et a passé un long moment à échapper à la police avant d'être finalement arrêté et incarcéré. Donc je ne pense pas que cette scène sera incluse dans aucune "édition spéciale"...



"Le champ de glace"
Groves sort de la cabine Marconi pour voir le Californian encerclé par des icebergs... sauf qu'il ne l'était pas. Le Californian était dans la glace flottante, dans la banlieue d'un champ de glace massif. Il faisait trop sombre pour voir les icebergs, qui n'ont pas été vus avant le lendemain matin.



"Un petit peu de glace!"
Grâce au script de Titanic, on sait que James Cameron était partagé entre laisser cette scène dans le film ou pas, et l'a finalement enlevée car il pensait qu'elle était être un peu trop saugrenue, montrant "Molly" Brown réclamant un peu plus de glaçons tandis que l'iceberg dérive derrière. Cameron a admis que cette scène provenait de son sens de l'humour malicieux.

Mauvaise réponse Monsieur Cameron. Cette scène n'aurait pas dû être tournée ou même pensée, pour la bonne et simple raison que Molly Brown se trouvait dans sa cabine au moment de la collision.

Je n'en suis pas sûr à 100%, mais je suspecte que le Palm Court Café où Molly est supposée être aurait été fermé à 23h40.



"C'est peut-être notre dernière chance!"
Cette scène montrerait que le SOS a été envoyé tout de suite. Ce ne fut pas le cas; ils ont commencé à l'utiliser un peu plus tard.



"Affalez!"
Ismay implore Lowe de descendre les canots plus vite; l'essentiel de la scène est correct, même si le langage ne l'est pas. Ce qui est faux c'est que, au début de la scène, Ismay regardes un fusée monter dans le ciel et se précipite ensuite au bossoir arrière du canot n°5. Sauf que la première fusée n'a pas été lancée avant que le canot n°5 ne soit parti. De plus, selon le point de vue d'Ismay, les débris en feu de la fusée semblent retomber directement au-dessus de leur têtes. En fait, les fusées étaient lancées avec un angle de 20° pour s'assurer que les restes de la détonation ne heuretent pas le navire. (De plus, quand la première fusée est lancée dans le film, regardez le point de vue de Rose, Lightoller, etc... Ils regardent tous vers bâbord; or les fusées furent lancées depuis tribord, ce qui est donc correctement dépeint dans la scène de la confrontation entre Ismay et Lowe).

De plus, faites attention lorsque Ismay se précipite vers le bossoir; en arrière-plan on peut voir un rouf, derrière le foyer de l'escalier de première classe. Bien que les lumières de pont soient allumées, celles du rouf sont éteintes. Premièrement, c'est là qu'était situé le gymnase, et l'espace devrait être occupé par le foyer du Grand Escalier; et deuxièmement, il devrait être ouvert, lumières allumées. En effet, John Jacob Astor a consolé sa femme dans le gymnase en ouvrant un gilet de sauvetage pour lui montrer ce qu'il y avait à l'intérieur, et d'autres passagers sont entrés dans le gymnase pour passer le temps ou rester au chaud.

Il est difficile d'établir ce qui se passe avec les canots à ce stade, mais la vapeur sous pression s'échappait toujours des cheminées au moment où le canot n°5 est parti, dans le film, tout est calme. De plus, il y avait relativement peu de monde sur le pont principal à tribord avant à ce moment.

"Vous savez qui je suis?"



"Boire un petit coup c'est agréable"
Dans cette scène, on voit Joughin boire une large rasade de sa flasque. Encore une fois, l'histoire le fait passer pour un ivrogne. Regardons ce qu'il a dit dans sa déposition lors de l'enquête britannique: il a bu la moitié d'un gobelet de spiritueux dans sa cabine. Pas sur le pont. Si vous vous apprêtez à déformer le témoignage d'un homme, donnez-nous au-moins une raison M. Cameron. Monter une petite scènette de toute-pièces pour satisfaire des ringards n'est pas une bonne raison.

Et la chronologie dans la scène est aussi n'importe quoi. Elle si situe juste après les appels du Capitaine pour ramener le canot n°6 au navire. A ce stade, Joughin était occupé à patrouiller le pont principal avec du pain, et à aider les gens à monter à bord des canots. Il n'a pas commencé à balancer des chaises-longues par-dessus bord avant plus tard.



"Affecter mon mouvement"
Imaginez-vous la scène: personne ne croit vraiment que le Titanic coule, et que monter dans les canots n'est qu'une précaution ou un entraînement extrêmement inconvénient. Alors pourquoi McCawley dit-il au gens dans le gymnase qu'il ne porte pas de gilet de sauvetage car cela pourrait affecter son mouvement de nage!? Cela équivaut à dire aux gens qu'il sait que le navire va couler et qu'il va se retrouver à l'eau. Bien sûr, aucun membre professionnel de l'équipage ne ferait une chose pareille. Alors qu'il est vrai que McCawley a dit cette réplique sur le véritable Titanic, c'était bien plus tard, quand les inquiétudes à propos du navire et de ses occupants étaient plus élevées.



"Nous restons ensemble"
Le film montre les Strauss dans le voisinage du canot n°10. En réalité, les Strauss se trouvaient à proximité du canot n°8 et des autres canots à l'avant; il y a un récit d'eux vus à côté du canot n°10 par la passagère de Seconde classe Imanita Shelley, mais son témoignage a de nombreux blancs, le plus grand concernant justement les Strauss, en Première classe, brisant les règles sur l'isolement des classes pour aider Shelley en difficulté sur le pont. Sa déclaration sous serment lors de l'enquête américaine est une version tronquée du récit qu'elle a donné à un journal, et qui est tellement différent de la réalité que l'on doit questionner la version de Shelley, qui la peint comme quelqu'un d'obsédé à foutre le bordel et faire remarquer les équipements et chauffage non terminés du navire plutôt que l'énorme perte humaine.



"Les chiens"
Je pourrais me tromper, mais l'exactitude de cette scène sont des foutaises à nouveau. Je ne me rappelle de personne ayant dit que les chiens avaient été relâchés et avaient couru sur le pont. Tout ce que j'ai, c'est ça: "Le passager survivant de Première classe R. Norris Williams s'est souvenu u'alors qu'il luttait dans l'eau glacée, il s'est retrouvé regardant un bulldog dans les yeux... Il a pensé qu'il l'avait imaginé mais plus tard il a rencontré un autre passager (Robert Daniels) sur le Carpathia qui lui a expliqué qu'il s'était rendu au chenil et avait relâché les chiens, leur évitant d'être enfermés dans leurs cages pendant le naufrage". Mais Williams ne semble avoir mentionné cette histoire que plus tard dans sa vie.
Madeleine Astor est supposée avoir vu son mari avec Kitty, leur Airedale de compagnie, sur le pont tandis qu'elle regardait en arrière vers le Titanic, mais cette histoire peut être remise en question. Certains suspectent qu'Astor a libéré les chiens, mais là encore, il n'y a pas de preuve.



"Envoyer jusqu'à la fin"
Dans le DVD du film, cette scène, où Bride implore Phillips de s'échapper, est placée juste après le moment où Cal monte dans le radeau A. Cependant, c'est avant que le radeau B s'écrase sur le pont, retourné. En réalité, Bride a escaladé le toit du quartier des officiers et a aidé à pousser le radeau B en bas, et n'est jamais retourné à la cabine radio après cela. Je suis franchement surpris que Cameron, connaissant son amour pour tous les clichés du Titanic dans lesquels il pouvait laisser libre cours à ses caricatures, a omis le moment où un soutier a essayé de voler le gilet de sauvetage de Phillips et a été laissé pour mort sur le sol de la cabine radio; ou bien qu'il a oublié d'inclure la scène où le Commandant libère les deux opérateurs Marconi de leur devoir juste quelques instants avant.



"C'est hors de question!"
Lord Duff Gordon réplique "C'est hors de question!" quand un membre d'équipage proche suggère qu'ils retournent là-bas et aillent aider les malheureux. Ce fait dans sa totalité est flou, avec plusieurs personnes dans le canot qui suggèrent que personne n'a de commentaire sur le fait de retourner sur les lieux. Et de ceux qui ont commenté ce fait, ce fut Lady Duff Gordon qui, entre s'allonger et gémir malade, aurait pu suggérer qu'il était dangereux d'y retourner. Si Lord Duff Gordon a dit quoi que ce soit, c'était simplement pour soutenir le commentaire de sa femme.



"En équilibre précaire"

"En équilibre précaire" (version originale)
La chute montre les survivants du radeau B. Ce n'était pas tout à fait comme ça. On voit le Colonel Gracie allongé derrière Lightoller; et il dit qu'ils étaient debout de face, regardant la proue avec de l'eau passant même par-dessus la quille. Devant Gracie se trouvent 8 personnes, avec quelques-uns derrière; le radeau était trop délicatement équilibré pour se retourner et regarder. Le boulanger Joughin n'a jamais pu monter sur le canot, qu'il affirme avoir rejoint lorsqu'il faisait jour. Il est resté dans l'eau et s'est accroché avec l'aide d'un collègue appelé Maynard. Dans cette vue, on voit Joughin allongé confortablement sur le canot.

Ceci est une véritable photographie du radeau B, plusieurs semaines après le désastre. Comparez-le avec le design de celui de Cameron.




"La marche de la honte d'Ismay"
Un moment vraiment puissant.... dommage qu'il ne soit pas arrivé. Ismay ne s'est jamais paradé devant les yeux pleins de dégoût des survivants. Il s'est enfermé dans la cabine du docteur de bord sur le Carpathia et n'en n'est pas ressorti avant qu'ils n'arrivent à New-York.

"Tous les yeux sont sur lui"


Les scènes non filmées



"La salle du courrier est inondée"
Cette image a été fournie par le chercheur du Titanic William Barney et vient du DVD. Cette scène a été supprimée pour des raisons de longueur du film, mais un artwork a été réalisé pour la scène. Il montre Smith et Andrews descendant les marches de la salle du courrier et trouvent les employés du bureau de poste se dépêchant de mettre le courrier à l'abri et remonter des sacs de courrier mouillés de la cale en-dessous. Andrews descend à moitié les escaliers jusque dans la cale qui est presque entièrement noyée, des sacs de courrier flottants, des lumières sous la surface, la voiture visible sous l'eau. Tandis qu'il regarde, l'eau recouvre ses chaussures et il remonte en vitesse en haut des escaliers.

Dieu merci, cette scène n'a jamais été tournée, et il est bizarre qu'elle ait été considérée pour le tournage. La pièce est une pauvre approximation de l'organisation du véritable "Bureau de poste" sur le pont G, avec l'étrange inclusion d'une porte dans le lointain, le manque d'une cage à lettres au milieu de la pièce, etc... Le fait qu'il y ait des lampes allumées sous l'eau est étrange et ne tient pas debout; puisque Cameron montre plus tard ce qui se passe quand de l'eau froide et des lampes chaudes se rencontrent (bien que des survivants aient reporté des lumières sous l'eau, cela est dû à des pièces pas encore inondées se trouvant elle-même sous la surface). Et la zone cargo de la voiture dans la cale 2 ne serait pas visible depuis la salle du courrier sur le pont Orlop.
(Note perso: voilà qui explique sûrement les escaliers étranges vus quand Jack et Rose trouvent la voiture dans la cale lors de leur petite escapade^^)

Mais l'aspect le plus étrange est là encore la chronologie. Quand Smith et Andrews ont visité cet endroit, après qu'au-moins une demi-heure soit passée, l'hôtesse Annie Robinson a reporté que l'eau atteignait déjà presque le pont E. Même le 4ème officier Boxhall, qui a visité cette zone 10 à 15 minutes après la collision a signalé que l'eau était à quelques mètres du pont sur lequel il se tenait,le pont G. Donc tout aurait dû être inondé au moment où Andrews et Smith sont arrivés; ils n'auraient rien pu voir du tout.

_____________________________________________________________________________________

Commentaires de conclusion:


Bien que beaucoup des erreurs dans Titanic soient superficielles, elles renforcent globalement le fait que le film est d'une exactitude plus que douteuse. On a presque l'impression que le film aurait pu utiliser n'importe quel contexte mélodramatique à souhait; avion, gratte-ciel; zone à séismes ou n'importe quel endroit visité par Irwin Allen dans les années 70. C'est une honte car cela me donne l'impression que les aspects historiques ont été sacrifiés et forgés dans le récit pour que le film "marche". On trouve le groupe de Cal prendre son déjeuner dans la Véranda-Café (impossible, mais comment Jack aurait-il pu apercevoir Rose pour la première fois?); ensuite Rose tente de se supprimer (encore une fois impossible, et empruntant un itinéraire qui défie même la géographie connue du vrai Titanic); ensuite on a Margaret "Molly" Brown qui prête un costume à Jack (comment aurait-il pu rentrer au restaurant de première classe autrement?); et après on a Jack qui, malgré le fait qu'il possède un ticket de Troisième classe, parvient à se balader tranquillement sur le navire jusqu'à ce que Lovejoy rappelle à deux stewards idéalement placés que sa présence n'est "pas appropriée" (alors que l'isolement des classes était strictement surveillée, et que la troisième classe n'aurait pas été admise à la Messe du Dimanche); ensuite Jack et Rose qui s'unissent à un endroit improbable (la proue) et finissent par consumer cet amour dans un endroit qui aurait été hors d'accès sur le vrai Titanic, et tout ça seulement après une course-poursuite digne des plus grands efforts d'Hollywood.
Une course-poursuite qui à la base, si je me souviens bien, devait servir à nous montrer autant le bateau que possible, mais qui au final ne sert qu'à nous rappeler la géographie loufoque du Titanic de Cameron (le navire, pas le film).
Je trouve absolument impossible que Don Lynch et Ken Marshall, les deux historiens consultants du film, aient été aveugles à tous ces défauts et les autres, et je dois conclure que Cameron est passé outre leurs recommandations en faveur de la vieille excuse du "au motif du grand spectacle". Mais jusqu'où peut-on sacrifier la réalité avant que "le grand spectacle" ne se dissipe et qu'il ne reste que de la "fiction"? Mais pour moi, la chose la plus ingrate de tout ce business Cameron/Titanic c'est la façon dont les contenus du film ont été acceptés par tous les néophytes comme un fait acquis, et je ne parle pas nécessairement d'adolescents cherchant Jack et Rose sur la liste des passagers, mais comment ces "petits-nouveaux" font la morale aux experts sur comment "le pont aurait été trop encombré par les canots et que c'est pourquoi il n'y en a pas eu plus"... ou comment "les cloisons étanches n'allaient qu'au pont E"... etc.... etc.... etc... De façon encore plus éhonté, la nomenclature du paquebot de Cameron a surpassé la préséance historique. Avant 1997, pratiquement tout le monde appelait le navire "LE Titanic". Après, c'est invariablement "Titanic" - donc la propre préférence du réalisateur a prévalu sur les chercheurs. Maintenant, se référer au navire en utilisant l'article définit nous fait paraître ringard et dissident.
(Note perso: notre langue fait qu'on parle toujours avec l'article, mais en anglais la différence est en effet très marquée par le fait que leur langue leur permet de ne pas employer l'article dans certains cas).

Il est aussi troublant que la Titanic Historical Society, que Cameron a approché pour demander de l'aide et qui l'a nommé "Homme de l'Année" n'ait pas été plus acharnée sur sa condamnation du film plutôt qu'absorber obséquieusement le spectacle fascinant. La propre mission de Cameron a été accomplie aussi: il a montré qu'il pouvait aborder la science fiction, l'aventure et l'horreur dans ses premières incursions dans le monde de la réalisation cinématographique. Avec "True Lies" il avait montré qu'il pouvait produire une tragi-comédie. Tout ce qui restait était l'histoire et la romance. Et c'est ici que reposent les vraies raisons pour lesquelles cette dévastation historique qu'est "Titanic" a été réalisée.

Mais maintenant nous avons un film dont les inexactitudes vont être répétées et crues pendant des décennies. Des études ont montré que les films sont un excellent moyen pour apprendre et retenir des informations - même quand les données à l'écran sont incorrectes et contredisent la doctrine: dans notre cas, les gens se souviennent "souvent" à tort de l'interprétation du film. C'est bien trop mis en évidence lorsqu'on discute du désastre sur les réseaux sociaux, les gens remarquent bien trop facilement les détails répandus par le film, de façon opposée à la réalité. Avant 1997, on se rappelait du Titanic comme d'un grand navire ayant coulé après avoir heurté un iceberg et qui avait trop peu de canots; désormais, c'est juste Céline Dion et cette maudite scène du "Je vole!" que tant de gens se sentent appelés à recréer et à poster leurs efforts sur des sites de médias sociaux.

Petite mise à jour du 29 Mars: Cameron a récemment donné une interview dans laquelle il atténue et dédramatise les inexactitudes, disant dans certains cas "Oui, le décor n'était pas tout à fait correct... peut-être une vitre qui manquait à une porte". Comme vous l'avez constaté sur la liste ci-dessus, les erreurs sont dans certains cas bien plus profondes et plus sérieuses que certaines petites formalités du décor. Un ami travaillant pour un journal américain m'a dit que Cameron parle de ceux qui sont tatillon (qu'il nomme "les compteurs de rivets") avec affection, mais c'est une humiliation pour nous. Plutôt que de s'occuper de ses erreurs, il préfère rejeter gentiment ceux d'entre nous qui ont une passion pour l'histoire, et ceux qui décrient le spectacle édulcoré qu'Hollywood semble demander. Pourquoi le film ressort-il maintenant? La seule raison est la force dirigeante du monde d'aujourd'hui: l'argent. Je n'accepte pas que le film soit réintroduit pour être montré à une nouvelle génération Titanic. C'est simplement pour se faire de l'argent sur le dos du centenaire.

La confirmation de l'ego démesuré de Cameron est venue quand Don Lynch a dit que le réalisateur "m'a dit qu'il était prêt à s'excuser [pour la façon dont il a présenté Murdoch comme un meurtrier et une victime de suicide] jusqu'à ce que Parlement Britannique en fasse la demande. Il pensait que c'était ridicule qu'ils s'impliquent là-dedans, et que leur action avait virtuellement tué toute excuse de sa part". J'étais sceptique; après tout, Cameron avait été pris à mentir dans le passé.
Il se trouve que le débat parlementaire était en fait une "Early Day Motion" (EDM) (Note perso: à savoir qu'il s'agit d'une proposition formelle qui n'est généralement pas débattue par les deux assemblées, mais qui a pour but principal d'attirer l'attention sur un sujet particulier), mais cela n'est pas une preuve en soi que le Parlement voulait la tête de Cameron. Cette EDM a été soumise par le membre du Parlement pour Dalbeattie (la ville natale de Murdoch), Alasdair Morgan. Ces "EDM" ne sont en aucun cas la garantie d'un débat dans la chambre des députés; très peu atteignent ce stade, et en effet celle-ci n'y est pas parvenue. Elle n'a rassemblé que 22 signatures sur 659 députés, et même avec ça, cela a pris 3 semaines pour parvenir à autant de signatures. Après cela elle a été oubliée et n'a pas été plus loin. Donc plutôt que de croire que la totalité du Gouvernement britannique voulait la tête de Cameron, il faut plutôt y voir dans les 3%. Mais visiblement, Cameron s'est senti insulté que qui que ce soit ose lui demander une excuse, et s'en est servi lui même comme argument; mais je ne crois pas qu'il se serait jamais excusé de toute façon. Et qu'a dit un archiviste du Parlement à propos de cette affaire?
->"James Cameron est toujours apparu comme quelqu'un d'égocentrique, et cette histoire confirme cela, ses actions résument un film vraiment atroce!".

On a encore d'autres preuves de l'attitude impérieuse de Cameron, lorsqu'il s'est vu refusé par les détenteurs des droits d'inclure l’œuvre des Demoiselles d'Avignon de Picasso dans les scènes de la suite de Cal. Cameron l'a fait quand même et a utilisé une image de la peinture de toute façon, et dans le fracas légal qui a suivi, a accepté de payer une amende pour les droits après son méfait. D'ailleurs pour la réédition du film en 3D, la prise montrant "Les Demoiselles" sous l'eau a été remplacée par le travail d'Edgar Degas "L’Étoile" - une peinture dans le domaine public, mais qui, tout comme l’œuvre de Picasso, n'a jamais été sur le navire en premier lieu.

Cameron a initialement annoncé qu'il n'avait pas changé une seule image de sa "poule aux œufs d'or" (sic - voir plus haut!), mais a admis plus tard qu'il avait changé UNE petite scène; il s'agit de la séquence quand Rose est allongée sur le panneau de bois et regarde les étoiles. Le célèbre astronome Neil de Grasse Tyson a envoyé un courriel râleur à Cameron qui a alors choisi de corriger les étoiles, dont Tyson lui avait dit qu'elles étaient fausses. Cameron s'est senti appelé à faire ça car "il a une réputation de perfectionniste", dont tout ce que je peux dire c'est "[sic]"! Et apparemment, la scène de la première cheminée s'effondrant a été retouchée pour lui donner un sommet noir. N'ayant pas vu ni la version 3D ni la version Blu-Ray, je ne peux le dire de façon certaine.
(Note perso: comme dit plus haut, je vous le reconfirme, j'ai vu la fameuse correction, et comme je l'ai dit aussi, je la trouve ridicule)

Tandis que j'applaudis les plongées de Cameron sur l'épave et les merveilleuses images qui en ont résulté, je suis à présent sur mes gardes quand à ses incursions dans questions historiques et tout spécialement son association avec des individus discrédités, (au-moins Cameron ne s'est pas allié avec Dan Butler!). J'ai refusé de regarder la nouvelle extravagance de son "Dernier Mot", mais les commentaires faits par d'autres ont montré qu'il y avait des manquements sérieux à certains éléments clés (par exemple, Sam Halpern a découvert que les producteurs de l'émission ont exagéré et détourné certaines données pour soutenir l'affirmation que des fusées colorées et pas blanches furent mises à feu cette nuit-là par le Titanic).

Je suspecte à présent que le procédé suivant est vrai; dépensez beaucoup d'argent dans un projet, polissez et glissez sur les inexactitudes de votre travail, entourez-vous de copains historiens (ou de flagorneurs qui aiment pouvoir vanter leur association avec "Jim", "Don", "Ken", etc... dans des messages comme Parks Stephenson juste pour vous rappeler leur supériorité), arrangez plusieurs plongées sur l'épave, et vous serez considéré comme un "expert" vous-même. Si seulement la vie était aussi facile.



Et voilà! C'est fini! Il est minuit, je bosse donc depuis 3h de l'aprèm avec 3 pauses quand même dont une pour manger!  rire 

J'espère que vous avez apprécié!)  fete 
Revenir en haut Aller en bas
 
Crédibilité historique...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
 Sujets similaires
-
» [Dossier] Historique : les grandes dates de Disneyland Paris
» n°2 en 1966 de la Revue Historique des Armées
» Infanterie de ligne - Régiment n° 24 - avec historique
» [AIDE] Désactiver l'historique des appels (pop-up après appel)
» Livre historique sur la bataille des Ardennes

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Titanic :: Titanic the Musical.............................. :: "Titanic" de James Cameron-
Sauter vers: