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 Le capitaine Péron : insulaire temporaire

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Tiphaine

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MessageSujet: Le capitaine Péron : insulaire temporaire   Lun 24 Nov 2014 - 19:50

Dans le cadre de mon projet d'article sur Lightoller et l'île Saint-Paul, et faute de ne pas en avoir trouvé de réellement satisfaisante, j'ai entrepris il y a quelques mois de faire une petite chronologie historique de l'île. Je la fais débuter en 1559, date à laquelle elle apparaît visiblement pour la première fois sur un portulan (carte nautique).

Qu'il me soit permise de faire ici un court écart pour vous raconter une anecdote. J'avais déjà commencé mes recherches lorsqu'il y a un peu plus d'un an, mon père m'emmena à une exposition de cartes maritimes qui siégeait à la Bibliothèque nationale de France à Paris. Nous en prîmes plein les yeux. Quelle ne fut pas ma surprise d'y trouver ce portulan dont j'avais jusqu'ici entendu parler sans jamais le voir. D'ailleurs au début je n'osais y croire, mais tout correspondait : la date et le nom de l'auteur, Evert Gysaerths. Enfin, à la latitude 38°S, minuscule bout de terre esquissée : « San Paulo ».

S'il n'étais pas permis de prendre des photos, les nombreuses cartes maritimes de cette exposition furent en revanche numérisées et sont actuellement toujours en consultation libre sur le site et Gallica. Voici le lien qui vous conduira à celle de Gysaerths (Gallica orthographie mal son nom) : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52503219k/f1.zoom À noter : on ne voit pas l'inscription « San Paulo » sur le document numérisé. L'île n'a pas non plus la forme qu'on lui connait actuellement. D'une part parce que Evert Gysaerths n'a fait que la dessiner de loin dans y débarquer. D'autre part parce que le volcan ne s'était pas encore effondré, laissant la place à l’immense bassin que l'on peut voir aujourd'hui.

Ainsi l'île entre dans l'histoire. J'ai été surprise de constater le nombre de fois que ce si petit bout de terre, isolé au beau milieu de l'océan Indien, se trouve être le lieu de théâtre de tant d'affaires diverses. Il y a des naufrages, des campagnes de pêches, des escales de navires à la recherche de disparus, des expéditions scientifiques... Le hasard des recherches a fait que j'ai même retrouvé un capitaine de la famille Murdoch dont le passage au large de l'île fut marqué par la chute d'un homme depuis la mâture et qui décéda trois plus tard. Une autre anecdote fit remonter en 1910 le nom du Holt Hill (navire à bord duquel Lightoller fit naufrage sur l'île en 1889) là où je ne m'attendais pas à le trouver.

Dans le lot, il y a un détail qui dès le début attira mon attention. Le 1er février 1793, deux navires de guerre britanniques font escale à Saint-Paul dans l'espoir d'y récupérer quelques-unes de ces peaux d'otaries qui se vendent si bien en Chine ; destination sur laquelle ils font Cap pour y laisser le nouvel ambassadeur : Lord Macartney. Hommes d'équipage, officiers, capitaines et Lord Macartney lui-même débarquent sur l'île en chaloupe tandis que leurs bâtiments restent au mouillage à l'extérieur du cratère. À leur grade surprise, ils trouvent pour les accueillir un marin brestois abandonné là.

Voici tout ce que j'avais au départ sur cette affaire. En conséquence je fut bien frustrée de ne pouvoir en savoir plus. Qui était ce brestois ? Depuis combien de temps était-il sur l'île et pourquoi ? Qu'est-il advenu de lui par la suite étant donné qu'il n'est pas repartit avec ces navires ?

Les réponses à ces questions m'ont finalement été révélées au fur à mesure que je poursuivais mes recherches générales. J'ai appris ainsi que le brestois s’appelait Pierre-François Péron. L'homme a même rédigé ses mémoires dans lesquelles l'histoire de son expérience insulaire est justement relatée. Comble de chance, l'ouvrage est consultable sur Gallica et a également bénéficié d'une réédition en 2007 (avec une jolie couverture). Il s'avère qu'il ne fut pas véritablement abandonné (du moins au départ) puisqu'il s'agissait d'un choix plus ou moins volontaire, qu'il devait regretter assez rapidement. Quatre autres hommes partagèrent son isolement et l'un d'eux fut même enterré sur place.


Si Lightoller et ses compagnons détiennent apparemment le record du séjour involontaire le plus court sur l'île (une semaine), Péron et ses camarades d'infortune ont quant à eux le record du plus long en étant resté près de quarante mois sur place. C'est-à-dire un peu plus de trois ans. C'est parce que leur histoire n'est pas banale que j'aimerais vous la raconter.

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