Titanic


 
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 Le rôle du Bouc-Émissaire

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LittleTony87

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MessageSujet: Re: Le rôle du Bouc-Émissaire    Mer 19 Nov 2014 - 22:53

Haddock, tu donnes des pistes très intéressantes. Le fait qu'il ait eu une mort "glorieuse" (sens du sacrifice, côté dramatique, voire mythique de la chose) a joué. S'il avait sauvé sa vie, nul doute qu'aujourd'hui, tous le maudiraient. D'ailleurs, quand on dit de quelqu'un qu'il est "comme le capitaine du Titanic", c'est rarement un compliment. Malgré tout, Smith ne pouvait pas faire un bon bouc émissaire car le bonhomme était, comme tu l'as dit, populaire et, surtout, qu'il est mort de son erreur.


Je pense que cette volonté de trouver un responsable tient pas mal à notre lecture de l'Histoire qui est très chère au culte des "grands hommes". À partir du moment où on considère que les choses glorieuses sont dues à un héros, et non à la multitude de personnes et de facteurs qui l'y ont aidé, il est normal que l'on ait l'approche inverse pour les désastres. Aujourd'hui, et depuis déjà pas mal d'années, la plupart des historiens rejettent cette histoire faite de grands hommes, car elle ne permet que rarement d'aller au delà de l'image d'Epinal. Que l'on parle de De Gaulle, Napoléon, Louis XIV et autres, ils n'étaient rien sans les hommes qui les entouraient, que ce soient les conseillers, ministres, personnels qui permettaient de faire fonctionner une administration efficace ; sans les soldats pour se battre en leur nom ; sans les populations de travailleurs pour faire marcher le pays derrière eux. Si vous enlevez le contexte politique, les armées, les finances de la France en 1805, Napoléon, tout brillant stratège qu'il soit, aura du mal à gagner Austerlitz. rire


Alors forcément, dès qu'il s'agit de gloire, de conquêtes, de réussite, il y a toujours quelqu'un pour se la faire attribuer. Parfois à tort, d'ailleurs : Pétain a gardé son étiquette de "vainqueur de Verdun" ; pourtant, alors que la bataille a duré de février à décembre 1916... il a quitté le commandement de la place en avril. Son successeur, Nivelle, a dirigé les opérations jusqu'en décembre : le prestige de la bataille devrait lui revenir, et lui revenait à l'époque puisqu'il fut promu. Mais comme on lui doit aussi la boucherie du chemin des Dames après laquelle il fut placardisé... Gloire à Pétain, à la place. Comme, en plus, l'individu moyen connaît mal le détail de l'histoire, l'image d'Epinal du "vainqueur de Verdun" restera gravée... exactement comme celle du méchant Ismay. Cette parenthèse me semblait importante pour voir comment on crée un héros. Maintenant, on va voir comment on crée son antithèse, le bouc émissaire.


En fait, pour voir émerger ce genre de personnalité soit brillante soit totalement noire, il faut que la période soit méconnue ou complexe. Il faut que les gens oublient que tout personnage historique est un individu semblable à lui, qui ne peut donc jamais être ni totalement parfait, ni totalement imparfait. Ce travail là, toute notre culture le fait très bien. Généralement, le gentil est tout beau tout propre, le méchant tout laid tout con. On est habitué à raisonner comme ça dès nos premiers Disney, pourquoi ça n'irait pas de même en Histoire ? livre


Enfin, le bouc émissaire est pratique car il permet de décharger la faute. Schettino, par exemple, permet d'oublier toutes les responsabilités autres : de la compagnie, des autres marins... C'est un peu comme quand on a fait le procès de Kerviel : personnaliser l'affaire, c'est éviter qu'on réfléchisse trop aux autres responsabilités, aux autres pratiques. dfgvg


Je donnerai un exemple historique prestigieux : Robespierre. La grande difficulté avec lui, c'est que, depuis sa mort (et déjà avant), la plupart de ceux qui ont écrit sur lui étaient soit dans l'adulation totale, soit dans la détestation la plus finie. Du coup, déjà, il est très, très difficile de dresser un portrait fiable de l'individu (impossible, même). On peut approcher la compréhension du bonhomme par ses écrits, par ses discours, mais guère plus, au final, tant les faits qu'on connaît relèvent soit de la légende dorée, soit de la légende noire. Bref, quiconque veut vous dire "la vérité sur Robespierre", en bien ou en mal, se fout de vous. Le grand paradoxe avec Roby, c'est qu'il a connu son heure de célébrité à une époque où, en France, il n'y avait pas de dirigeant. A aucun moment. La Convention, c'est une dictature d'assemblée ; un régime très particulier, et provisoire, lié à la guerre. En son sein, on trouve des comités qui ont une certaine prédominance, en particulier le célèbre comité de salut public, mais à l'intérieur, impossible de donner un nom dominant : les historiens sont formels : Robespierre n'avait aucun rôle plus important qu'un autre dans ce comité où on décidait de façon collective. Lorsque Robespierre est exécuté, en compagnie de Couthon et Saint Just, le régime qui s'instaure à la place (la convention thermidorienne, puis le Directoire) se veut beaucoup plus favorable aux notables et aux affaires, revient sur pas mal de lois sociales, et clame mettre la fin à la Terreur. En réalité, les techniques d'intimidation, d'emprisonnement etc. continuent à être appliquées, même si on recourt moins à la guillotine.


Surtout, certains membres les plus influents du nouveau régime sont d'anciens soutiens de la Terreur, qui y ont parfois largement pris part. Ainsi, Carnot, qui est nommé Directeur (donc l'un des cinq membres du pouvoir exécutif), avait siégé au comité de salut public et signé le plus d'assignations au tribunal révolutionnaire. Pourtant, "Carnot" est un nom empreint d'honneur, pas tâché de sang pour deux sous, et ce n'est pas pour rien que, cent ans plus tard, Sadi Carnot devient président. De même, Barras : Directeur pendant cinq ans. Durant la Terreur, il avait été représentant en mission, particulièrement sanguinaire. Et que dire de Fouché, vous savez, le ministre de la Police sous Napoléon ; celui qui a aussi su retourner sa veste et aider les rois à revenir sur le trône en 1815 ? Lui aussi, a pratiqué la Terreur à Lyon, en passant pas mal de monde sous la mitraille (ça allait plus vite que la guillotine). Robespierre a un petit rôle dans cette histoire, c'est en effet lui qui a... fait rappeler Fouché à Paris pour qu'il réponde de ses exactions. rire


Il ne faut pas sombrer dans le pendant inverse et l'éloge de Robespierre : il a contribué, comme tous ceux qui étaient au pouvoir à l'époque, au système de la Terreur. Le souci, c'est qu'il arrangeait bien, ensuite, pas mal de monde, de lui attribuer à lui seul tous les maux. En faisant ça, ils se dédouanaient. Et les Barras, Carnot, Fouché et bien d'autres pouvaient ainsi continuer tranquillement leurs affaires en disant "c'était pas nous". C'est ça aussi, le rôle du bouc émissaire. Permettre de dire "c'est pas nous". xfgy  J'ai pris le cas de Robespierre car il fait un peu de bruit en ce moment (n'ayant pas encore joué au jeu "fautif", je ne donnerai pas mon avis sur la question !) et parce que je commence à bien connaître la période, mais il y en a plein d'autres, très certainement.

Pour ceux que le cas Robespierre intéresse, trois très bons bouquins rigoureux par plusieurs universitaires spécialistes de la période sont sortis récemment. Attention, pour les lire, il vaut mieux avoir une connaissance convenable de la Révolution. Je vous recommande ce livre, dans toutes les bonnes bibliothèques, pour faire vos bases.  Les livres dont je vous parle sont donc : Robespierre, portraits croisés, qui aborde différents aspects du bonhomme par différents auteurs. Assez accessible car les articles sont courts, mais il n'y a pas de traitement vraiment chronologique ; Robespierre, la fabrication du mythe est très gros, très sympa et facile à lire, et essaie de comprendre surtout comment on a écrit sur le sujet, de 1794 à nos jours. Une très belle leçon de fabrication de l'histoire : qui l'écrit, pourquoi ? ; enfin, Robespierre par Hervé Leuwers : je n'ai pas encore eu le temps de le lire, mais, des trois, il me semble le plus accessible.
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Haddock

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MessageSujet: Re: Le rôle du Bouc-Émissaire    Jeu 20 Nov 2014 - 16:07

Transcription exacte des communications VHF entre Joseph Hazelwood et la US Coast Guard suite à l’échouement de l’Exxon Valdez :

Exxon Valdez, Valdez Traffic... Yeah ... uhhh ! ... It's Valdez. We've ... uhhh ! ... Should be on your Radar there. Uhhh! ... we've fetched up hard aground ... north of Goose Island off Bligh Reef and uhhh ! ... and evidently we're leaking some oil and uhhh ! ... we're gonna be here for a while and uhhh! ... so you're notified, Over !!!

Après avoir remis la conduite à un troisième officier fatigué, inexpérimenté et sous-qualifié d’un superpétrolier lourdement chargé de 235,000m³ de pétrole brut, d’avoir quitté la passerelle pour envoyer les messages d’usage ce, à l’extérieur d’une voie de séparation du trafic pour contourner un champ de glace et qu’à 15 minutes de route de l’écueil de William Bligh … les fonds de l’Exxon Valdez se sont déchirées et les cales ont régurgité 40,000m³ de brut toxique, sur 400 milles nautiques de rivage bornant les eaux cristallines du Prince William Sound, anéantissant 250,000 oiseaux de mer, 2,800 loutres de mer et de rivière, 300 phoques, 250 pygargues (aigles) à tête blanche, 22 épaulards et des milliards de petits organismes marins.

Joseph Hazelwood est vraiment devenu le bouc-émissaire de cette catastrophe, l’archétype du capitaine ivrogne, incompétent et négligeant … alors que l’enquête a plutôt démontré le contraire et surtout blâmé Exxon pour la mauvaise gestion de leurs navires et effectifs. Le rendement économique au détriment de l’inabordable sécurité.

En juin 2008, le jugement définitif de la Cour Suprême des États-Unis a été rendu, la somme des dommages et intérêts à payer par Exxon a été réduite de 2,5 milliards de dollars à 500 millions !  xwqaa


Synopsis :



1. À 23h24  Exxon Valdez débarque le pilote, Hazelwood ordonne la machine en Avant Toute, Vitesse de Mer,
2. À 23h30 Hazelwood change de Cap au 200°,
3. À 23h39 Hazelwood change de Cap au 180°,
4. À 23h47 le Exxon Vadez quitte la Zone de Séparation de Trafic,

À 23h53 Hazelwood ordonne au 3ième maître de revenir dans la Zone de Séparation de Trafic lorsque le phare de Busby Island sera par le travers bâbord dans 2 minutes et quitte  la passerelle de navigation pour aller s'occuper de la paperasse,

5. À 23h55 le 3ième maître porte la position sur la carte du phare de Busby Island en travers mais ne change par de Cap tel qu'ordonné par Hazelwood,  
6. À 00h00 la vigie rapporte que le phare de Bligh Reef est aperçu par 45° sur l'avant tribord, le 3ième maître ordonne la barre à tribord 10°,
7. À 00h04, la barre est ordonnée à tribord 20°,
8. À 00h07, la barre est ordonnée à tribord toute, le Exxon Valdez s'échoue sur Bligh Reef à 12 noeuds.
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Haddock

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MessageSujet: Re: Le rôle du Bouc-Émissaire    Jeu 20 Nov 2014 - 18:14

VENDREDI 13 JANVIER 2012

- 19h00 : le Costa Concordia qui transporte 4229 personnes, dont un millier de membres d'équipage et plus de 3000 touristes de plus de 60 nationalités dont une majorité d'Italiens, Français, Allemands et Espagnols, appareille du port de Civitavecchia près de Rome en direction de Savone, plus au nord.
- 20h30 : une grande partie des passagers sont en train de dîner, d'autres dorment déjà. Le capitaine dîne avec sa maîtresse dans un restaurant intime tout à l’arrière du paquebot.
- 21h11 : à la passerelle, on change de cap en direction de l’Île du Giglio.
- 21h16 : on informe le capitaine de la situation.
- 21h20 : le capitaine quitte le restaurant, doit marcher près de 300 mètres de coursives et d’escaliers pour joindre la passerelle.
- 21h30 : le capitaine prend la conduite du navire.
- 21h37 : il passe en mode manuel et change de cap sur tribord pour saluer l’Île. On passe de tribord 10°, à tribord toute, à bâbord toute pour finir à tribord toute !!!
- 21h45 : le navire heurte un rocher, surnommé le Scole, situé à 300 mètres de l'Île.
- 21h50 : le courant électrique principal cesse, celui d’urgence s’actionne. Les passagers commencent à être regroupés sur le pont des embarcations de sauvetage.
- 21h55 : la capitaine est avisé que l’eau envahi plus de deux compartiments contigus. Le paquebot de 500,000,000€ et jeune que de 6 ans est condamné.
- 22h34 : appel de détresse VHF.
- 22h40 : appel de détresse Inmarsat.
- 22h44 : le navire s’échoue, gîte de 12°
- 22h48 : le signal de l'abandon du navire retentit, sept sonneries brèves et une longue, les canots de sauvetage commencent à être descendus à la mer.
- 22h20 : les garde-côtes commencent les opérations de secours avec l'aide de vedettes et d'hélicoptères. Les quelque 800 habitants du Giglio se mobilisent aussi pour aider à transférer des passagers vers le rivage. Un bon nombre d'entre eux se jettent à l'eau. Une quarantaine sont blessés, la plupart avec des bras ou jambes cassées, dont deux graves.
- 22h55 : première embarcation évacuée.
- 22h58 : navire échoué à sa position finale, gîte de 15°
- 23h15 : une première chaloupe de passagers débarque sur l'île du Giglio. L'évacuation des 4229 occupants du navire vers la terre ferme commence.

SAMEDI 14 JANVIER

- 00h34 : le capitaine évacue le navire, gîte de 70°.
- 01h11 : le capitaine a rejoint la terre ferme.
- 06h14 : évacuation est complétée, gîte de 80°.

DIMANCHE 15 JANVIER

- 00h15 : deux survivants de la catastrophe sont localisés sur le navire par les pompiers.
- 00h58 : les deux personnes, un couple de Sud-Coréens de 29 ans, en lune de miel, sont extraites de leur cabine. Elles sont en parfaite santé, selon les pompiers.
- 07h00 : une voix est entendue à la hauteur du pont numéro trois. Il s'agit de celle d'un commissaire de bord italien, apparemment blessé, rejoint par les pompiers en vue de son évacuation.
- 11h45 : le commissaire de bord localisé dans la matinée est sauvé par les secours. Il s'agit du troisième rescapé extrait de l'épave.

LUNDI 16 JANVIER

- 22h00 : le commandant de la garde côtière annonce que 29 personnes sont encore portées disparues, en plus des six victimes confirmées.

Synopsis:

- 21h20 : le capitaine quitte le restaurant, doit marcher près de 300 mètres de coursives et d’escaliers pour joindre la passerelle.
- 21h30 : le capitaine prend la conduite du navire.
- 21h37 : il passe en mode manuel et change de cap sur tribord pour saluer l’Île. On passe de tribord 10°, à tribord toute, à bâbord toute pour finir à tribord toute !!!
- 21h45 : le navire heurte un rocher, surnommé le Scole, situé à 300 mètres de l'Île.

J’espère ici qu’on ne se pose plus la question à savoir pourquoi Schettino est de venu le bouc-émissaire de cette catastrophe. Quitter un restaurant à 21h20 pour prendre la conduite d’un paquebot à 21h30, d’en passer en mode manuel à 21h37, alors que le paquebot jaugeant 114 500 tonneaux se situait à moins de 2 milles nautiques du caillou et procèdait à une vitesse de 15.4 nœuds, pour finalement emboutir un récif à 21h45 !!!


Ça manque à priori d'un peu de sérieux … Puisque l’arbre est dans ses feuilles, le restant de l’odyssée n’est guère plus reluisant. mpoi

http://www.ifsma.org/tempannounce/CostaConcordia.pdf
(voir pages 48 à 53, intéressant)


Dernière édition par Haddock le Jeu 20 Nov 2014 - 22:22, édité 4 fois
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Mathusalem

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MessageSujet: Re: Le rôle du Bouc-Émissaire    Jeu 20 Nov 2014 - 18:27

Un parfait bouc émissaire ; l'amiral Kimmel qui commandait la flotte américaine à Pearl Harbor :
http://www.seconde-guerre.com/biographies/biographie-n-Kimmel.html


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MessageSujet: Re: Le rôle du Bouc-Émissaire    Ven 21 Nov 2014 - 17:02

Les faux époux Turenge, le chef de bataillon Alain Mafart et le capitaine Dominique Maire, qui ont sabordé à l'aide de mines le Rainbow Warrior en Nouvelle-Zélande, alors qu’il était paré à appareiller en destination de Mururoa pour protester contre les essais nucléaires français. Le photographe Fernando Pereira périt dans le naufrage.  mpoi

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